Projet LGV: Royal menace de saisir le Conseil d'Etat si les subventions ne sont pas versées à sa région

Reuters

— 

Ségolène Royal a menacé mercredi de saisir le Conseil d'Etat si le gouvernement supprimait des aides dues à sa région pour avoir refusé de financer la ligne ferroviaire à grande vitesse Tours-Bordeaux.

La présidente de la région Poitou-Charentes a réagi à un courrier du préfet de région Yves Dassonville rendu public mardi par la Charente-Libre dans lequel le représentant de l'Etat évoque des mesures de rétorsion pour compenser un «défaut de financement» et «garantir l'équité nécessaire avec les collectivités territoriales qui ont su respecter leurs engagements financiers».

La région Poitou-Charentes a consenti au projet de LGV une avance remboursable de 95 millions d'euros au lieu d'une subvention de 103 millions prévue.

Dans son courrier, le préfet remet en cause la délégation de gestion des crédits de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), prévient que l'Etat va arbitrer une «possibilité de reporter l'achèvement» de la RN 249 financé par l'Etat et les collectivités des Deux-Sèvres.

Il indique enfin que «l'Etat augmentera sa participation sur la LGV» mais que la collectivité «financera le pôle d'échange multimodal de la gare de Niort sans le soutien de l'Etat».

De son côté Ségolène Royal indique qu'elle «ne peut pas imaginer que les habitants de Poitou-Charentes soient victimes du chantage aux subventions mettant en cause les principes de l'Etat irréprochable, c'est à dire impartial».

La présidente de Poitou-Charentes précise cependant que «les discussions ont repris de façon constructive avec le nouveau préfet de région».