Assassinat du juge Renaud: Pour l'honneur d'un père

EXCLUSIF Dans un livre publié jeudi, le fils du juge Renaud réhabilite le magistrat tué en 1975...

Yvon Mézou

— 

Le juge François Renaud, quelques mois avant son assassinat.
Le juge François Renaud, quelques mois avant son assassinat. — DR / EDITIONS DU ROCHER

Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1975, le juge François Renaud tombe sous les balles d'un commando de trois tueurs venus l'attendre à la porte de son domicile lyonnais. Le traumatisme est d'autant plus violent que cet assassinat est une «première» depuis la fin des années de guerre. Il semble si bien réglé qu'il ne peut pas être l'acte isolé d'un vengeur illuminé.

A Lyon, les années 1950, 1960 et 1970 sont des années noires. Proxénètes et gros voyous, politiciens et policiers pratiquent la confusion des genres. François Renaud, nommé juge d'instruction en 1966, a l'intention d'y mettre bon ordre. Mais c'est aussi un exubérant, une force de la nature et un indécrottable républicain. Et, pour le bonheur de ses futurs détracteurs, un coureur de jupons...

Les quatre vérités du fils

Que dit Francis Renaud dans son livre*? Au moins quatre vérités fortes. D'abord, l'image que l'on a donnée de son père est, au mieux, caricaturale, au pire, totalement contraire à la réalité. Puis, la plupart des théories sur sa mort sont erronées, voire stupides et irrecevables. Elles ne sont que le fruit de falsifications destinées, en discréditant l'homme, à disqualifier le juge, son travail, donc ses enquêtes.

Ensuite, la connivence générale autour de la pensée unique –«le milieu l'a tué pour se venger des humiliations»- s'est installée au fil des années pour nourrir les constructions journalistiques ou cinématographiques. Enfin, le juge a été victime, selon son fils, d'une décision politique. Il fallait clôturer une enquête qui mettait beaucoup d'élus en cause, qui établissait un lien structurel entre certains d'entre eux et les voyous, qui validait la thèse du financement d'un parti par les hold-up.

Quatre idées qui aboutissent à une conclusion en forme de cri d'amour: «Mon père était un homme, pas un pantin et c'est tout ce que j'ai voulu dire pour en finir avec toutes les divagations, les suppositions et les inepties, de quidams qui se sont approprié une histoire qui ne leur appartient pas», explique à 20Minutes Francis Renaud.