Tarnac: Ouverture d'une information judiciaire sur l'enquête

JUSTICE La procédure est ouverte pour «faux et usage de faux en écritures publiques» dans l'affaire qui vise Julien Coupat et ses amis...

J.M. avec Reuters

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Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste.
Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste. — BISSON/JDD/SIPA

Tarnac, le retour. Le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire sur l'enquête de police visant les dix personnes accusées du sabotage de lignes de TGV en 2008 et soupçonnées d'avoir fondé un groupe à visée terroriste. La cour d'appel de Paris avait en octobre 2010 validé cette enquête contestée par les suspects de l'affaire dite de «Tarnac» mais un juge d'instruction a été chargé mercredi d'une information judiciaire pour «faux et usage de faux en écritures publiques», a déclaré ce vendredi un porte-parole du parquet. 

L'enquête de police avait fait l'objet d'une vive controverse, la défense et une partie de la gauche estimant qu'elle avait été fabriquée de toutes pièces pour accréditer l'idée qu'une menace violente existerait à l'ultra-gauche. Trois juges d'instruction antiterroristes ont mené des investigations sur dix personnes censées avoir saboté des caténaires SNCF le 26 octobre 2008, puis dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 en y plaçant des fers à béton. L'enquête affirmait que le leader supposé du groupe, Julien Coupat, avait été repéré par la police le 3 novembre 2008 alors qu'il organisait des affrontements avec la police en mars d'une réunion de ministres de l'Intérieur de l'UE à Vichy. 

L'autheticité de plusieurs éléments du dossier mise en cause

La cour d'appel de Paris avait rappelé que des ouvrages évoquant des actions de sabotage, ainsi que des faux papiers et du matériel pouvant, selon la police, avoir servi à fabriquer les fers à béton, avaient été retrouvés lors de perquisitions à Tarnac, village de Corrèze où vivaient Julien Coupat et la plupart des autres suspects. Libérés après le début de l'enquête, les suspects restent mis en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et pour certains «destructions en réunion», des faits passibles des assises. 

Les accusés ont toujours nié les accusations et leurs avocats ont sans cesse mis en cause la police, estimant que des soupçons de falsification pèsent sur certaines pièces importantes du dossier. Ils mettent en cause notamment la régularité de certains renseignements recueillis sur Julien Coupat dans une enquête préliminaire menée avant les faits, au moyen de surveillances et d'écoutes téléphoniques. La défense met aussi en doute un témoignage recueilli "sous X", comme le permet la procédure et qui présentait les jeunes gens de Tarnac comme des activistes dangereux. L'authenticité d'un procès-verbal de filature de la police, qui dit avoir surpris le soir des faits Julien Coupat et sa compagne à proximité d'une voie ferrée sabotée, est contestée.