Quand Jean-Pierre Chevènement relance le scandale des logements parisiens

POLÉMIQUE e candidat à la présidentielle refuse de quitter son logement social de la mairie de Paris...

J. M. avec Reuters

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Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, lors de la Fête de la rose organisée par le socialiste Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse.
Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, lors de la Fête de la rose organisée par le socialiste Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse. — J. PACHOUD / AFP

Le luxueux logement de la Ville de Paris du prestigieux quartier du Panthéon loué par Jean-Pierre Chevènement à prix très modique, a relancé ce jeudi la polémique sur les privilèges en France. Le candidat à la présidentielle refuserait en effet «de quitter le logement social qu'il occupe depuis 1983, rue Descartes, dans le 5e arrondissement de la capitale, à deux pas du Panthéon. Quelque 120 m2 de surface pour un loyer de 1.519 €, soit moins de la moitié du prix du marché», selon lefigaro.fr. Des situations du même type ont déjà existé par le passé.

Quand la capitale était dirigée par la droite sous la direction de Jacques Chirac puis Jean Tiberi, entre 1977 et 2001, les scandales de ce type s'étaient en effet multipliés, le Premier ministre Alain Juppé étant même contraint par le procureur de déménager d'un logement occupé à bas prix en 1996. Mais c’est, cette fois, la déclaration de candidature de Jean-Pierre Chevènement qui a relancé la polémique.

«La mairie de Paris aurait dû lui demander de le faire bien avant»

La ministre UMP du Budget Valérie Pécresse a estimé que la ville de Paris, dirigée depuis une décennie par le socialiste Bertrand Delanoë, avait échoué à résoudre ce problème, jugeant toutefois Jean-Pierre Chevènement trop vieux pour être chassé. «La mairie de Paris nous a donné des leçons de morale pendant des années sur la question de la gestion des appartements, on voit bien qu'elle n'a pas balayé devant sa porte», a-t-elle déclaré sur Canal+.

«On ne demande pas à quelqu'un de quitter son logement à 72 ans, mais la mairie de Paris aurait dû lui demander de le faire bien avant», a-t-elle ajouté. Il n'est pas possible légalement de faire partir un locataire qui paye son loyer, a précisé depuis le début des ces affaires la municipalité. Bertrand Delanoë, prié de dire sur France Info s'il allait demander à Jean-Pierre Chevènement de plier bagage, a laissé entendre que ce n’était pas impossible. «Je veux que les choses soient faites dignement, proprement, démocratiquement et j'ai besoin des logements pour les Parisiens, dont les revenus justifient qu'ils soient dans des logements», a répondu le maire.

Pas un cas isolé

De son côté, Jean-Pierre Chevènement a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de partir pour l’instant, la situation étant «légale», a-t-il affirmé à la presse. Ce dossier ne s'arrête pas au fondateur du MDC, de nombreuses personnalités de droite et de gauche, des journalistes, des hauts fonctionnaires, bénéficiant de logements de la ville à des coûts privilégiés, du fait de leurs relations.

Le dossier a été relancé une première fois en 2008, quand Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin, avait été contraint après une polémique de quitter un appartement de 190 m2 occupé depuis 1981 dans le 5e, au prix de 1.197 euros mensuels. Georges Tron a été à son tour accusé de bénéficier d’un loyer modéré par Le Canard Enchaîné. Actuellement, la crise du logement et l'explosion des prix de l'immobilier ont poussé les salariés les moins favorisés vers la banlieue, voire dans la rue. On estime que moins de 10% des demandes de logements sociaux sont satisfaites.