Des milliers de femmes manifestent pour dire non à la violence

PARIS Les féministes réclament une loi-cadre et de réels moyens pour appliquer la législation...

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Plusieurs milliers de militantes féministes ont défilé samedi à Paris pour dénoncer les violences infligées aux femmes, et réclamer une loi-cadre et de réels moyens d'appliquer la législation.
Plusieurs milliers de militantes féministes ont défilé samedi à Paris pour dénoncer les violences infligées aux femmes, et réclamer une loi-cadre et de réels moyens d'appliquer la législation. — Francois Guillot afp.com

Plusieurs milliers de militantes féministes ont défilé samedi à Paris pour dénoncer les violences infligées aux femmes, et réclamer une loi-cadre et de réels moyens d'appliquer la législation.

Tristane Banon, Cécile Duflot, les candidats à la présidentielle Eva Joly (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) notamment ont participé au cortège qui s'est ébranlé vers 15h de la place de la Bastille en direction de l'Hôtel de Matignon, à l'appel du Collectif national pour le droit des femmes. Ce collectif regroupe associations féministes, syndicats et partis politiques de gauche (NPA, EELV, PS, PCF, FG).

En tête du défilé, une grande banderole proclamait «Violences faites aux femmes, ça suffit. Une loi-cadre, des moyens et des actions tout de suite».

«Dix ans minimum»

Tristane Banon, qui a accusé Dominique Strauss-Khan de tentative de viol, a plaidé pour l'adoption «à l'unanimité» de la proposition de loi de Marie-George Buffet portant à dix ans la prescription dans les affaires d'agression sexuelle.

«Dix ans c'est un minimum. Et pourquoi pas l'imprescriptibilité, cela existe au Canada», a-telle dit à l'AFP.

De son côté, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a souligné auprès de l'AFP «le risque de régression» en matière de droits des femmes et appelé à «rester plus que jamais mobilisé» et à surtout «ne pas baisser la garde».

«Parole sexiste décomplexée»

Députée du Front de gauche, Martine Billard a insisté sur la nécessité de donner «des moyens aux tribunaux et aux commissariats» pour pouvoir appliquer réellement la loi de 2010.

Suzy Rojtman, cofondatrice du Collectif, a rappelé le contexte des affaires Strauss-Kahn ou Tron, qui ont «un peu libéré la parole des femmes» mais à l'occasion desquelles «on a aussi vu se déchaîner une parole sexiste décomplexée».

Sur les nombreuses banderoles déployées, on pouvait lire notamment: «Crime misogyne=crime contre l'Humanité»; «Pour un Grenelle des femmes»; «Quand une femme dit non, c'est non».