Affaire du Carlton: Un second cadre du groupe Eiffage mis à pied

Reuters

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Lille, le 6 octobre 2011. L'hôtel de luxe Le Carlton dans le centre ville.
Lille, le 6 octobre 2011. L'hôtel de luxe Le Carlton dans le centre ville. — MIKAEL LIBERT / 20 MINUTES

Le groupe de BTP Eiffage a mis à pied un second cadre en raison des développements d'une enquête judiciaire où le dirigeant d'une de ses filiales nordistes est écroué pour proxénétisme, annonce ce samedi le quotidien régional Nord Eclair.

David Roquet, poursuivi pour son rôle présumé dans un réseau ayant mis en rapport des prostituées avec Dominique Strauss-Kahn quand il dirigeait le Fonds monétaire international, accuse son entreprise d'avoir connu ces pratiques et de l'utiliser comme bouc émissaire.

Eiffage partie civile dans l'affaire

Il a déjà été suspendu, Eiffage s'est constituée partie civile dans l'affaire, expliquant donc qu'elle serait victime des dépenses de prostituées présentées par son cadre en note de frais. C'est le supérieur hiérarchique de David Roquet à la direction régionale du groupe qui a été suspendu, selon le quotidien régional. Le groupe Eiffage, contacté, n'a pas voulu s'exprimer.

L'avocat lillois de David Roquet, Me Dupont-Moretti, affirme que son client a prévenu sa hiérarchie et que le groupe Eiffage ne pouvait pas ignorer les frais engagés dans le financement des soirées et voyages sur lesquels la justice enquête. David Roquet est mis en examen pour proxénétisme aggravé et incarcéré pour avoir organisé des déplacements de prostituées à Lille, en Belgique, à Paris et aux Etats-Unis pour, notamment, Dominique Strauss-Kahn.

David Roquet dirigeait une filiale d'Eiffage implantée à Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais). Il a reconnu avoir réglé une partie des déplacements et affirme qu'Eiffage le savait. Dans cette affaire de proxénétisme, huit personnes sont mises en examen - trois responsables de l'hôtel Carlton de Lille, trois entrepreneurs dont M.Roquet, un commissaire de police et un avocat lillois. Cinq sont incarcérés.