La fracture gauche-droite existe toujours, mais bouge

Alexandre Sulzer

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58 % des sondés  estiment que le clivage droite-gauche est dépassé.
58 % des sondés estiment que le clivage droite-gauche est dépassé. — P. SAUTIER / SIPA

En matière de clivage droite-gauche, « les Français ne sont pas croyants, mais pratiquants ». C'est ce qui ressort d'un sondage Ipsos sur le « nouveau paysage idéologique français » commandé par la Fondation Jean-Jaurès et rendu public hier. En clair, 58 % des sondés estiment que le clivage est dépassé. Ils sont pourtant 74 % à accepter de se positionner à droite ou à gauche (39 % se déclarent de gauche, 35 % de droite).

La crainte du « déclin »
Pour 59 % des sympathisants socialistes, c'est la solidarité qui fait principalement défaut, alors que pour 74 % des sympathisants UMP, c'est l'assistanat qui pose problème. Une ligne de fracture somme toute traditionnelle. Mais ce clivage, note la Fondation Jean-Jaurès, « est moins de nature sociologique qu'on ne le croit ». Ainsi, les ouvriers sont la catégorie socio-professionnelle qui se positionne le moins à gauche sur l'échiquier politique (31 %, contre 45 % des professions intermédiaires et 60 % des cadres). C'est aussi parmi les ouvriers que la part de sondés se définissant comme « réactionnaires » est la plus large (42 %, contre 29 % sur l'ensemble de la population). Une évolution significative puisqu'ils n'étaient que 21 % en 2007. Ce sont les ouvriers qui craignent le plus un « déclin » de la France. Selon Gilles Finchelstein, directeur génral de la fondation, c'est cette nostalgie d'un passé révolu qui les pousserait à voter FN.

testez-vous

Pas toujours évident de se positionner. Etes-vous de droite ou de gauche ? de Laurent Cald (éd. Max Milo, 18 €) permet de se tester selon trois thématiques : l'économique et le social, les mœurs, la responsabilité et l'identité.