Mouvement contre la vie chère à Mayotte: «Il n'y a pas d'arnaque», promet le médiateur

OUTRE-MER Le médiateur rentre à Paris tandis que sur l'île les blocages demeurent, même s'ils se relâchent un peu...

Julien Ménielle
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Stanislas Martin, médiateur envoyé par le gouvernement dans le cadre du mouvement contre la vie chère à Mayotte, en conférence de presse à Petite Terre, le 28 octobre 2011.
Stanislas Martin, médiateur envoyé par le gouvernement dans le cadre du mouvement contre la vie chère à Mayotte, en conférence de presse à Petite Terre, le 28 octobre 2011. — Julien Ménielle / 20minutes.fr

Mayotte retient son souffle. Si des blocages demeurent sur l’île, ce vendredi, certains ont été levés alors que le médiateur s’apprête à s’envoler vers la métropole après quelques jours de discussions «dans un climat positif», comme l’a indiqué Stanislas Martin au cours d’une conférence de presse. Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant.

Tintin et le rapport mahorais

Certains barrages ont été levés, ce vendredi matin, rendant la circulation possible depuis le sud jusqu’à Mamoudzou, voire un peu plus haut vers le Nord. De même, le service maritime entre les deux îles formant Mayotte, qui était très perturbé ces deux derniers jours, a repris en ce vendredi, jour de prière pour l’immense majorité musulmane du département.

De retour à Paris, Stanislas Martin ira d’abord voir Tintin au cinéma avec son fils. C’est ce que le médiateur a déclaré à la radio locale à quelques heures de la fin de son séjour dans le département. Nul doute qu’il ne tardera cependant pas à s’atteler au rapport qu’il doit rendre mardi, à la veille de l’arrivée de Denis Robin, qui doit piloter les négociations qui en découleront.

Des possibilités d’avancées

Un rapport qui insistera sur deux points, indique Stanislas Martin. D’abord, «il n’y a pas d’arnaque sur le prix de la viande de bœuf à Mayotte». La question était jugée prioritaire par les syndicats, selon lui, et il peut affirmer qu’«il n’y a pas de marges cachées dans des filiales en dehors de Mayotte». Deuxième point: il y a cependant des possibilités d’avancées en la matière.

Le médiateur juge que l’introduction d’une plus grande concurrence sur l’île devrait permettre de faire baisser les prix. Charge à ceux qui reprendront le dossier de déterminer comment attirer les distributeurs. Car Stanislas Martin indique qu’il était chargé de recueillir les informations et de présenter un rapport sur les prix de la viande de bœuf, du gaz et du sable (utilisé pour les constructions).

«Ma mission s’arrête ici»

Or, concernant ces deux derniers points, le médiateur a pris du retard. La faute, selon lui, aux barrages routiers qui ont empêché les responsables des secteurs en question de se rendre à Mamoudzou, la préfecture de Mayotte. L’homme estime qu’il aura les informations sur le gaz à temps pour établir son rapport. Concernant le sable, il est moins confiant.

Concernant tous les autres produits de première nécessité, en revanche, rien ne semble prévu. L’accord signé avec le seul syndicat FO, et dont la population affirme qu’il est imparfaitement tenu, expire le 31 décembre. «Ma mission s’arrête ici, rappelle Stanislas Martin. Ensuite, le gouvernement fera de moi ce qu’il veut.» Au tour des associations et de l’intersyndicale d’annoncer la suite qu’elles comptent donner au mouvement.