Mayotte: L'île toujours paralysée en attendant son négociateur

OUTRE-MER L'ancien préfet Denis Robin, nommé par Marie-Luce Penchard, arrivera dans l'île après le départ du médiateur...

Julien Ménielle, à Mayotte

— 

La ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard (à gauche), et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin (à droite), le 27 octobre 2011, à Paris.
La ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard (à gauche), et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin (à droite), le 27 octobre 2011, à Paris. — T.SAMSON / AFP

De notre envoyé spécial à Mayotte,

Après le médiateur, le négociateur. Alors que Stanislas Martin quitte Mayotte à la fin de la semaine, Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, a nommé son ex-directeur de cabinet et ancien préfet local Denis Robin pour mettre de l’huile dans les rouages des négociations à venir. En attendant, l’île reste paralysée par le mouvement contre la vie chère, qui a débuté il y a maintenant plus d’un mois.

Deux préfets pour le prix d’un

Denis Robin arrive mercredi à Mayotte, auréolé de son expérience, lui qui était en poste du temps du referendum pour la départementalisation. C’est justement pour «ne pas prendre de retard» sur ce processus que la ministre de l’Outre-mer a choisi de l’envoyer sur place.

Le «négociateur» arrivera à Mayotte après le départ de Stanislas Martin, à peu près au moment où ce dernier rendra son rapport, afin de lancer sur cette base les discussions entre les différentes parties. Mais à ceux qui pensaient qu’un préfet chasserait l’autre, Marie-Luce Penchard répond que Denis Robin aura pour charge de travailler en collaboration avec l’actuel titulaire du poste, Thomas Degos.  Il est vrai que ce dernier, pris par les opérations de maintien de l’ordre, a déjà du pain sur la planche.

Barrages et caillassages

Mercredi, après le caillassage d’une ambulance, c’est un hôtel qui a été attaqué dans le Nord. Le personnel et les clients ont été évacués par la mer sous les jets de pierre, selon la chaîne Mayotte Première. Et si la journée de jeudi a été plus calme, notamment à Mamoudzou, la préfecture, de nombreux blocages ont à nouveau été signalés.

D’une dizaine, le nombre de barrages sur le réseau routier de l’île est passé à une vingtaine. Les barges assurant la jonction maritime entre les deux îles qui composent Mayotte n’ont, comme la veille, pas assuré les traversées, pour des raisons de sécurité, selon son personnel. Reste à savoir si la nomination d’un négociateur apaisera le climat, alors que l’économie, comme les administrations, tournent au ralenti.