Fin de conflit à Fonderie Poitou Alu, l'Etat cherche un repreneur

© 2011 AFP

— 

Les salariés de la Fonderie Poitou Alu (FDPA, Montupet) d'Ingrandes (Vienne) ont mis fin jeudi à deux mois de grève contre un plan de baisse des salaires alors que le ministre de l'Industrie Eric Besson a annoncé qu'il cherchait un repreneur pour ce site en redressement judiciaire.
Les salariés de la Fonderie Poitou Alu (FDPA, Montupet) d'Ingrandes (Vienne) ont mis fin jeudi à deux mois de grève contre un plan de baisse des salaires alors que le ministre de l'Industrie Eric Besson a annoncé qu'il cherchait un repreneur pour ce site en redressement judiciaire. — Pierre Andrieu afp.com

Les salariés de la Fonderie Poitou Alu (FDPA, Montupet) d'Ingrandes (Vienne) ont mis fin jeudi à deux mois de conflit contre un plan de baisse des salaires alors que le ministre de l'Industrie Eric Besson a annoncé qu'il cherchait un repreneur pour ce site en redressement judiciaire. Environ «95% des 300 grévistes» qui ont participé à l'assemblée générale en milieu de journée sur le site ont voté la reprise du travail pour vendredi à 05h30, a indiqué à l'AFP Géry Bégeault, représentant CGT (majoritaire) de l'intersyndicale CGT/CFE-CGC/FO/UDT. «La production va reprendre progressivement» mais l'usine, qui fabrique des culasses principalement pour Renault, ne reprendra son activité normale «qu'en fin de semaine prochaine», a-t-il estimé.

Lors de l'AG, les grévistes ont ainsi approuvé le protocole d'accord de fin de conflit, signé, sous la médiation du préfet de la Région Poitou-Charentes, par l'intersyndicale et les mandataire et administrateur judiciaires. Ces derniers avaient été désignés le 20 octobre lors du placement en redressement judiciaire du site par le tribunal de commerce de Nanterre, le siège de Montupet se trouvant à Clichy (Hauts-de-Seine). Le groupe Montupet, qui a racheté la FDPA en 2009 à un fonds d'investissement allemand, avait déclaré la fonderie en cessation de paiement le 16 octobre, affirmant que la grève avait mis à sec ses réserves.

Pas de sanction contre les employés n'éyant pas commis de fautes graves

L'application du protocole était conditionné à la reprise du travail et au renoncement «à toute forme d'occupation de l'entreprise» par les grévistes. Parallèlement, il enjoint les administrateurs et mandataires judiciaires, Mes Hélène Bourbouloux et Christophe Basse, à «considérer la caducité du plan de compétitivité» de Montupet. Ce plan, à l'origine du conflit entamé le 2 septembre, prévoyait des baisses de salaires de 25% pour les ouvriers, 15% pour les cadres.

Selon le protocole, Mes Bourbouloux et Basse s'engagent à renoncer à toute sanction contre les grévistes qui n'ont pas commis de fautes graves durant le conflit. Ils devront également rechercher, «sous réserve d'avoir les fonds disponibles», «tous moyens pour limiter l'impact financier» sur les employés, «notamment par le biais d'une avance sur le salaire» de novembre. Ils devront également «renforcer et poursuivre les négociations avec Renault pour obtenir le soutien sur un plan de charge».

Rapport d'audit connu sous dix jours

Selon un communiqué diffusé jeudi par le ministère de l'Industrie, Carlos Ghosn, PDG de Renault, s'est engagé à continuer à s'approvisionner auprès de la Fonderie, «permettant d'assurer le plan de charges du futur repreneur, sous réserve» qu'il satisfasse «aux exigences industrielles». Les syndicats ont toujours plaidé pour une reprise du site par Renault, fondateur de la FDPA en 1979 avant de la revendre en 1998.

Dans ce même communiqué diffusé à l'issue d'une réunion avec des élus du Poitou et les représentants de l'intersyndicale de la FDPA, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a indiqué avoir chargé le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) de «rechercher pour la FDPA un repreneur capable de mettre en place un projet industriel». Il a aussi indiqué qu'un audit du site avait démarré le 24 octobre. Les conclusions devraient être connues «sous dix jours».

Contactée par l'AFP, la direction du groupe Montupet a déclaré ne pas disposer d'informations sur la reprise du travail ni sur les annonces du ministère. Egalement sollicitée, la direction de la Fonderie n'était pas joignable en milieu d'après-midi.