Italie: Benoît XVI réunit 300 dignitaires de toutes les religions pour une journée de réflexion sur la paix et la justice

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Le pape Benoît XVI invite 300 dignitaires de toutes les religions à réfuter "la violence au nom de Dieu", jeudi à Assise (centre de l'Italie), à l'heure où des fondamentalistes chrétiens, musulmans, juifs ou hindous attisent les conflits dans le monde
Le pape Benoît XVI invite 300 dignitaires de toutes les religions à réfuter "la violence au nom de Dieu", jeudi à Assise (centre de l'Italie), à l'heure où des fondamentalistes chrétiens, musulmans, juifs ou hindous attisent les conflits dans le monde — Alberto Pizzoli afp.com

Le pape Benoît XVI invite 300 dignitaires de toutes les religions à réfuter «la violence au nom de Dieu», ce jeudi à Assise (centre de l'Italie), à l'heure où des fondamentalistes chrétiens, musulmans, juifs ou hindous attisent les conflits dans le monde.

Cette «journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde» se tiendra sous la devise: «pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix». Lancée en 1986 par Jean Paul II, la première rencontre interreligieuse d'Assise avait suscité des réticences de la part du cardinal Joseph Ratzinger, qui craignait un mélange des religions dans une vague croyance commune. Alors préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, celui qui allait succéder au pape polonais n'avait pas assisté à cette rencontre historique.

Quatre personnalités non-croyantes

Vingt-cinq plus tard, l'essentiel de la rencontre sera un «cheminement commun». Si la prière est mentionnée, chacun prie de son côté, selon ses croyances, insiste-t-on à Rome.

Les religieux de plus de 50 pays ont répondu à l'invitation dans la ville de Saint-François. Les représentants de l'islam, qui étaient seulement onze en 1986, seront plus de cinquante et viendront de nombreux pays, dont l'Arabie Saoudite et l'Iran. Ils côtoieront des rabbins, dignitaires hindous, bouddhistes, jaïns, sikhs, un zoroastrien, un bahaï, des représentants du taoïsme et du confucianisme, ainsi que d'autres religions traditionnelles d'Afrique et d'Amérique.

Les grandes confessions chrétiennes seront largement représentées - orthodoxes, luthériens, baptistes, anglicans.... Nouveauté de cette rencontre d'Assise, voulue par Benoît XVI: quatre personnalités non croyantes élargiront le cercle.

Un grand absent sera l'imam de l'université Al-Azhar au Caire, autorité du sunnisme, qui a refusé de venir, en réaction à la solidarité manifestée par le pape aux coptes et autres chrétiens d'Orient menacés par l'islamisme radical.

En 25 ans, «le dialogue interreligieux s'est multiplié»

La rencontre est vivement critiquée aussi par les intégristes catholiques, qui ne supportent pas que l'Eglise dialogue avec les autres religions. Il faudra dire mille messes «en réparation d'Assise», a lancé récemment l'intégriste français Régis de Cacqueray.

Le cardinal Roger Etchegaray, ancien président du Conseil pontifical «Justice et paix» et artisan du premier sommet de 1986, répond en insistant sur la continuité entre Jean Paul II et Benoît XVI. «Déjà Jean Paul II avait l'obsession d'éviter tout syncrétisme»[mélange des religions], a-t-il dit à l'AFP.

En 25 ans, «le dialogue interreligieux s'est multiplié, approfondi», et il est considéré par Benoît XVI «comme un patrimoine commun irrévocable de la sensibilité chrétienne», affirme-t-il.

L'idée centrale du pape est d'amener les participants à «un engagement commun pour refuser l'instrumentalisation de la religion, et l'usage de la violence au nom de Dieu», a expliqué un de ses proches.

Flambeau remuis aux délégations

Le numéro deux du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Mgr Pier Luigi Celata, a évoqué les problèmes qui «interpellent» particulièrement les religions: l'immigration, la diversité culturelle, la liberté religieuse, la défense de la famille et de la vie.

«Tout cela oblige les fidèles des différentes religions à chercher des éléments de solution. De leur capacité de proposition dépend la considération de la société civile à leur égard», a-t-il dit.

A la fin de la journée, sur la place de la basilique Saint François, les principaux participants renouvelleront leur engagement pour la paix. Un flambeau allumé sera remis symboliquement aux délégations. Avec l'espoir qu'elles portent ce message dans leurs communautés.