Les étudiants mutualisent leurs inquiétudes

SANTE Les organisations protestent contre la taxe sur les complémentaires...

Delphine Bancaud

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Le nombre de consultations baisse.
Le nombre de consultations baisse. — G. HOUIN / SIPA

«Notre santé ne survivra pas à une nouvelle taxe.» Voilà le mot d'ordre de la conférence de presse commune qu'organisent ce jeudi l'Unef et la Fage (Fédération des associations générales étudiantes). But de la manœuvre: faire pression sur le gouvernement concernant le doublement prévu (de 3,5% à 7%) de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) et ses conséquences pour les étudiants.

«Soit les mutuelles la répercuteront sur les cotisations, ce qui fera bondir le nombre d'étudiants qui ne pourront pas s'offrir de complémentaire santé; soit cette taxe va mettre en danger économiquement certaines mutuelles», s'alarme Emmanuel Zemmour, président de l'Unef. Les deux organisations étudiantes demanderont donc ce jeudi au gouvernement d'exonérer les étudiants de la TSCA.

Un vœu pieu? «Non, proteste Emmanuel Zemmour, car c'est une décision de bon sens à l'heure où la précarité étudiante augmente.» Car les dépenses de santé deviennent de plus en plus «une variable d'ajustement» dans le budget des étudiants, selon le syndicat. Une situation notamment due aux reculs successifs de la prise en charge des soins par l'Assurance-maladie, à l'augmentation de 6% du prix des soins entre 2007 et 2011 et à l'instauration de franchises médicales.

Automédication

Résultats des courses: selon une enquête de la Mutuelle des étudiants (LMDE) parue en mai dernier, leur accès aux soins recule. Ainsi en 2011, 19% d'entre eux n'ont pas pu s'offrir de mutuelle, contre 13% en 2005. Du coup, 34% d'entre eux ont renoncé à une consultation médicale (contre 24% en 2005) pour des raisons financières et 20% à un traitement. Et 92% d'entre eux ont désormais recours à l'automédication.

«Or, les reports de soins peuvent créer des crises sanitaires, renchérit Emmanuel Zemmour, un étudiant qui ne se soigne pas aujourd'hui, coûtera plus cher à la Sécurité sociale demain.»