Thomas Degos, préfet de Mayotte.
Thomas Degos, préfet de Mayotte. — F. DupuY / SIPA

Société

« On assiste à des comportements violents peu courants sur l'île »

Thomas Degos Préfet du département Comment évolue le mouvement ?Je n'ai pas de chiffres concernant le nombre de grévistes déclaré, je ne souhaite donc pas commenter la participation. Il y a des inc...

Thomas Degos
Préfet du département
Comment évolue le mouvement ?
Je n'ai pas de chiffres concernant le nombre de grévistes déclaré, je ne souhaite donc pas commenter la participation. Il y a des incidents en marge des manifestations, comme c'est toujours le cas. Mais, ces derniers jours, on assiste à des comportements violents peu courants à Mayotte. J'en appelle au calme et à la sérénité, et condamne ces actes.
Certains mettent en avant le risque que le conflit dégénère et que les métropolitains soient pris à parti.

Quel est votre sentiment ?
S'il y a pu y avoir des altercations ou des menaces, il n'y a pas eu de violence directe sur un Mzungu [Blanc] en raison de sa couleur de peau, même si je sens une tension particulière. Cela peut être ressenti comme une menace par une partie de la population, mais je suis très vigilant à ce que ce conflit ne tourne pas au conflit interethnique.
Concernant les négociations,

le médiateur garde-t-il le même cap ?
Stanislas Martin est un spécialiste des prix et des marges et il mène des entretiens avant de rendre un rapport la semaine prochaine en métropole. La négociation sur les prix avait atteint sa limite, selon moi, il fallait passer à un processus plus puissant, c'est ce qui a été mis en place. La baisse des prix n'est qu'un préalable avant de se pencher sur le travail de fond : il faut encourager l'activité économique à Mayotte pour créer de l'emploi et du revenu.
Recueilli par Julien Ménielle