Cantines scolaires: «On peut arriver à trouver un équilibre nutritionnel avec un régime végétarien»

INTERVIEW Jean Lalau-Keraly, endocrinologue-nutritionniste, réagit pour 20Minutes à la demande d'associations végétariennes de conserver des menus de substitution dans les établissements...

Propos recueillis par Corentin Chauvel

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La Cuisine centrale des cantines scolaires prépare les repas des écoles Toulousaines. 6/09/2010 Toulouse
La Cuisine centrale des cantines scolaires prépare les repas des écoles Toulousaines. 6/09/2010 Toulouse — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

Des associations végétariennes entendaient protester ce mercredi devant la Direction générale de l’alimentation (DGAL) afin de protester contre les nouvelles règles nutritionnelles imposées début octobre dans les cantines scolaires. «Un plat protidique avec des protéines exclusivement d’origine animale» serait en effet requis à chaque repas. Or, pour Jean Lalau-Keraly, endocrinologue-nutritionniste à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Paris, un haro sur les régimes végétariens n’est pas nécessaire. 

Le végétarisme est-il dangereux pour les enfants?
Non, l’homme est omnivore et les végétariens acceptent de manger des produits issus des animaux comme les œufs ou les produits laitiers qui contiennent les acides aminés essentiels. Ainsi, on peut arriver à trouver un équilibre nutritionnel. Il n’y aura pas de carences à condition de manger régulièrement des œufs et des produits laitiers. On peut d’ailleurs être végétarien dès sa naissance en buvant du lait de soja adapté ou du lait de riz, mais les laits végétaux sont eux totalement à exclure. En revanche, les régimes végétaliens, pratiqués par une minorité de personnes, sont eux dangereux et carrément carentiels pour les enfants.

La mise en place de menus de substitution dans les cantines est-elle acceptable?
Il ne serait pas normal que tout le monde soit soumis au régime végétarien, mais on peut concevoir qu’un enfant le pratique de temps en temps, ce n’est pas catastrophique. Il ne faut pas non plus forcer les enfants parce qu’en règle générale, il n’y a pas de raison scientifique d’être végétarien, sans tomber dans les excès inverses. Pour éviter les problèmes, il faut manger de tout, tous les jours.

Que pensez-vous de la situation actuelle dans les cantines scolaires?
D’énormes progrès ont été faits, il y a eu une prise de conscience importante sur les questions de santé. Aujourd’hui, beaucoup de nutritionnistes conseillent les responsables de cantines. Il y a eu des efforts pour qu’il y ait moins d’aliments à base de graisse et de sucres rapides et plus d’aliments avec une teneur en fibre, plus de fruits et légumes aussi. On va donc dans le bon sens, on s’aperçoit que l’obésité stagne et que les maladies cardio-vasculaires diminuent. Des efforts peuvent malgré tout encore être faits pour la promotion de l’activité physique et l’apprentissage de la nutrition auprès des enfants, mais aussi de leurs parents. On constate de gros déséquilibres sociaux, les populations les moins favorisées sont moins au fait des problèmes de santé.