Ecoutes du Monde: Même s'il est mis en examen, Péchenard ne sera pas suspendu, annonce Guéant

AFFAIRE C'est ce qu'affirme le ministre de l'Intérieur Claude Guéant...

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (au centre), lors de sa visite des Champs-Elysées, à Paris, le 12 septembre 2011.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (au centre), lors de sa visite des Champs-Elysées, à Paris, le 12 septembre 2011. — P.KOVARIK / AFP

Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, ne sera pas suspendu même s'il est mis en examen à l'issue de son audition vendredi dans l'affaire d'espionnage téléphonique d'un journaliste du Monde, a fait savoir mercredi le ministre de l'Intérieur.

«J'aurais la même réponse à l'égard de Frédéric Péchenard que celle que j'apportais à propos de Bernard Squarcini», a déclaré Claude Guéant, interrogé sur RTL. Il faisait référence à la mise en examen le 17 octobre du directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, maintenu dans ses fonctions. «Une mise en examen ne signifie pas une culpabilité», a expliqué le ministre de l'Intérieur, invoquant la présomption d'innocence.

Identification des sources du journaliste

«Et d'ailleurs beaucoup d'experts estiment que les chefs de mise en examen sont fragiles», a-t-il ajouté, citant plusieurs décisions de justice indiquant que «des technologies voisines de celles des fadettes (...) ne correspondaient pas du tout à des viols de correspondance».

Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, est convoqué le 28 octobre comme témoin assisté par la juge Sylvia Zimmermann dans l'affaire d'espionnage téléphonique d'un journaliste du Monde.

La juge cherche à déterminer son rôle dans une enquête policière effectuée à l'été 2010, qui comprenait l'analyse de factures téléphoniques détaillées («fadettes») du journaliste pour identifier les sources du quotidien dans l'affaire Woerth-Bettencourt.

Deux responsables de la police mis en examen

Interrogé par ailleurs sur la série d'affaires qui secouent la police depuis quelques semaines, Claude Guéant a jugé que «cela ne révèle pas un malaise de caractère général».

«Cela est anormal. Cela crée un peu de perturbations dans les services qui sont directement impactés», a reconnu Claude Guéant. Mais «l'ensemble de la police continue à travailler (...) avec beaucoup de dévouement et les résultats d'ailleurs sont là pour le prouver».

Outre le patron du renseignement, mis en examen pour «atteinte au secret des correspondances», «collecte illicite de données» et «recel du secret professionnel», deux autres responsables de la police ont été mis en examen dernièrement: l'ancien numéro deux de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Michel Neyret, l'a été pour «corruption» et «trafic d'influences», et il a été écroué; le chef de la Sûreté départementale du Nord, le commissaire divisionnaire Jean-Christophe Lagarde, à Lille, a été mis en examen dans une affaire de proxénétisme.