entre colère et retour au calme

Envoyé spécialà MAyotte,Julien Ménielle

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Mamoudzou, épicentre des manifestations contre la vie chère sur l'île de Mayotte.
Mamoudzou, épicentre des manifestations contre la vie chère sur l'île de Mayotte. — F. DUPUY / SIPA

Entre les deux, Mayotte balance. Alors que le nombre de manifestants décroît depuis jeudi, l'île semblait hier en équilibre instable entre résignation et explosion.

Urgence sur les prix
Les manifestants ont pourtant envie d'en découdre. Après la déception de la première réunion avec le médiateur, la veille, ils veulent marcher sur le quartier de Kawéni pour forcer les commerces à fermer. « Le commissaire m'a prévenu que c'était une zone rouge, et qu'à la moindre casse, il me foutait en taule », explique Saïd Boinali, secrétaire général de la CFDT, qui ne parle pas de son cas personnel mais de sa responsabilité en terme de bonne tenue des manifestations, alors que de nouveaux heurts ont éclaté dans le nord de l'île. Les responsables syndicaux le reconnaissent, « Il y a un problème d'organisation du mouvement ». Fière d'être « la seule Mzungu [Blanche] à participer à la grève », Gwen trouve au contraire que « le fonctionnement démocratique est intéressant ». Les responsables syndicaux rendent compte aux manifestants sur la place publique, avant que ces derniers ne décident le plus souvent de temporiser. Aujourd'hui, l'intersyndicale doit à nouveau rencontrer le médiateur après ses discussions avec la grande distribution. Et Saïd Boinali a bon espoir que Stanislas Martin ait changé de méthode et accepte de négocier les prix. « Quand Paris aura pris conscience qu'il faut traiter l'urgence, ça peut se régler en une semaine », estime-t-il. L'urgence, en l'occurrence, c'est le prix du gaz et de la viande. Leur baisse offrirait un répit.
Mais à terme, Saïd Boinali sait ce qu'il veut : « Au global, les prix ont augmenté de 52 % à Mayotte depuis 2007. Nous voulons une baisse de 22 %, pour limiter la hausse à 30 % par rapport à 2007. » Lucide, le syndicaliste a toutefois bien conscience que Mayotte est bien loin de la métropole, où « malgré les millions de gens dans les rues contre les retraites, l'Etat n'a pas cédé ».