Georges Fenech: «Les sectes en plein essor»

MIVILUDES Le président de mission de lutte contre les sectes, fait le point sur le phénomène...

Recueilli par Vincent Vantighem

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Georges Fenech (archives) : « Jusqu'à 900 pratiques sectaires en France. »
Georges Fenech (archives) : « Jusqu'à 900 pratiques sectaires en France. » — CAPMAN / SIPA

Les pouvoirs publics vont sans doute prêcher des convaincus. Mais en matière de lutte contre les sectes, mieux vaut marteler le message. L'Assemblée nationale organise, ce matin, un colloque célébrant les dix ans de la loi «About-Picard». Ce texte fondateur en matière de lutte contre les dérives sectaires a posé les bases du système français. A cette occasion, Georges Fenech, président de la mission de lutte contre ces phénomènes fait le point sur la situation.

Pourquoi l'Assemblée nationale organise-t-elle ce colloque?

Nous voulons montrer que la représentation nationale est toujours active. En matière de lutte contre les phénomènes sectaires, le législateur est en première ligne. C'est donc très important de prouver qu'il est toujours vigilant.

Car les sectes se sont multipliées en l'espace de dix ans?

Les sectes sont en plein essor. Notamment dans le domaine de la santé. Et puis, nous savons bien que les périodes de crise sont un terreau propice pour les gourous. Aujourd'hui, à la Miviludes, nous avons recensé entre 600 et 900 mouvements ou pratiques sectaires en France.

Qui est le plus menacé?

Selon notre dernière enquête, 25% des Français connaissent un proche qui a été en contact avec une dérive sectaire. Cela fait tout de même douze millions de personnes. Les mineurs sont, bien sûr, les plus exposés. Mais nous avons remarqué que les personnes âgées, dans les maisons de retraite, pouvaient être aussi victimes de charlatans. Nous consacrerons d'ailleurs notre prochain rapport annuel à ce sujet.

De quel œil voyez-vous l'élection présidentielle de l'an prochain?

La vigilance contre les sectes fait consensus. Il n'y a pas la moindre dissonance entre droite et gauche. Notre modèle fonctionne. Le Sénat australien vient même de nous inviter à leur exposer notre façon de travailler.

Le procès en appel de la scientologie va s'ouvrir

Le procès en appel de l'Eglise de scientologie doit s'ouvrir le jeudi 3 novembre à Paris. Accusée d'escroquerie en bande organisée, l'organisation avait été condamnée, en première instance, à de lourdes peines d'amende d'un montant total de 630.000 euros. Son dirigeant de fait avait également écopé de deux ans de prison avec sursis.