L'aide alimentaire sous la menace d'une diète sévère

SOLIDARITE Le maintien de l'aide européenne a été bloquée jeudi...

Delphine Bancaud

— 

130 millions de repas ne seront pas distribués en France en 2012.
130 millions de repas ne seront pas distribués en France en 2012. — DURAND FLORENCE/SIPA

Stupeur chez les associations caritatives. Le Conseil des ministres européens de l'Agriculture, qui se tenait hier à Luxembourg, ne s'est finalement pas décidé sur un maintien à flot du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD). Les six pays (Allemagne, Suède, Pays-Bas, République tchèque, Autriche, Danemark) qui s'opposaient à l'utilisation de ce fond à des fins sociales, ont persisté dans leur démarche, jugeant que le soutien à l'aide alimentaire doit être assuré par les Etats.

Aucun compromis pour l'heure

Une situation de blocage dont les conséquences seront lourdes: car, sauf nouvelle décision, le PEAD sera donc bel et bien amputé de 80% en 2012. Son budget passera donc de 500 millions à seulement 113 millions l'an prochain. Ce sont «18 millions d'Européens totalement démunis qui devront tenter de survivre aux deux prochains hivers sans le support de l'Union européenne. Bienvenue au Moyen Age!», s'est enflammé Marc Tarabella, chef de la délégation PS au Parlement européen dans un communiqué.

Avec des répercussions en cascade: «Pour la France, cela signifie que 63 millions d'euros manqueront au budget des associations en 2012 et que 130 millions de repas ne seront pas distribués l'an prochain. Et la situation devrait être pire pour 2013», explique Jean-Louis Callens, secrétaire général du Secours populaire. Son seul espoir désormais, «que les associations et l'opinion publique fassent un grand ramdam dans les prochains jours pour pousser les pays réfractaires à faire marche arrière». Si aucune situation n'est trouvée, les associations n'auront plus qu'un recours: demander à l'Etat français de mettre la main à la poche. Dès jeudi, dans une interview à La Croix, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, envisageait que la France compense le manque à gagner des associations. «Nous ne laisserons pas tomber les associations caritatives», a-t-il déclaré. Une promesse qui n'est pas tombée dans l'oreille de sourds.