effervescence démocratique

bérénice dubuc

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Les 7,5 millions de Tunisiens élisent dimanche les 217 membres chargés de rédiger la nouvelle Constitution du pays.
Les 7,5 millions de Tunisiens élisent dimanche les 217 membres chargés de rédiger la nouvelle Constitution du pays. — E. DESSONS / JDD / SIPA

Ennahda, Parti démocrate progressiste, Ettakatol, Parti du travail tunisien, Congrès pour la république… Le passage en revue pourrait durer encore longtemps, tant les partis pullulent désormais en Tunisie. Pour les élections de dimanche qui doivent permettre aux 7,5 millions d'électeurs d'élire les 217 membres d'une Assemblée constituante, on compte 1 570 listes, soit plus de 11 000 candidats au total pour 110 partis reconnus. 20 Minutes fait le point sur les principales forces politiques en présence.

Le favori. Ennahda, le parti islamiste, est crédité de 20 à 30 % des suffrages, selon les derniers sondages. Interdit et violemment réprimé sous l'ère Ben Ali, il s'est considérablement renforcé depuis le retour de son chef historique, Rached Ghannouchi, exilé à Londres dans les années 1990, et sa légalisation le 1er mars. Mais si Ennahda se réclame ouvertement du modèle turc, il se déclare aussi ouvertement islamiste, ce qui inquiète laïcs et intellectuels, qui craignent une régression, notamment en matière de liberté intellectuelle et de droits des femmes.
Les outsiders. Le PDP, Ettakatol, le Congrès pour la république sont les « poids lourds » de la scène politique. Le Parti démocrate progressiste (PDP) de Najib Chebbi, centriste, autorisé sous Ben Ali, est ainsi la deuxième force politique du pays, et Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés) du social-démocrate Mustapha Ben Jaafar pèse aussi. D'autres partis, interdits sous Ben Ali, jouent la carte du renouvellement, comme le Congrès pour la république du militant des droits de l'homme Moncef Marzouki, ou le Parti du travail tunisien (PTT), dont le leader, Abdeljelil Bedoui, a démissionné du premier gouvernement de transition pour marquer une rupture totale avec l'ancien régime.
L'inconnue. Après la « révolution du jasmin » de janvier, où les blogs et réseaux sociaux ont permis de diffuser les mots d'ordre de rassemblement aux Tunisiens, les blogueurs sont toujours au cœur de la marche vers la démocratie. Plusieurs d'entre eux sont ainsi candidats sur les listes indépendantes, à l'instar d'Astrubal, récompensé en mars par le prix du Net-Citoyen de Reporters sans frontières, tête de liste de Al-Jalaa à Bizerte.