Affaire des «fadettes»: Bernard Squarcini a été mis en examen

ENQUÊTE ais il ne compte pas démissionner pour autant...

E.O. et C.C. avec Reuters

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Le Canard enchaîné de mercredi affirme qu'une "enquête est en cours" pour identifier ses sources au sein de la DCRI, après que l'hebdomadaire eût écrit que Nicolas Sarkozy supervisait "l'espionnage de journalistes", une "enquête" que ce service de renseignement dément formellement.
Le Canard enchaîné de mercredi affirme qu'une "enquête est en cours" pour identifier ses sources au sein de la DCRI, après que l'hebdomadaire eût écrit que Nicolas Sarkozy supervisait "l'espionnage de journalistes", une "enquête" que ce service de renseignement dément formellement. — BERTRAND LANGLOIS AFP/archives

Bernard Squarcini, le patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été mis en examen ce lundi, pour «atteinte au secret des correspondances» dans une enquête sur un présumé espionnage du journal Le Monde, a annoncé son avocat, Patrick Maisonneuve.

Bernard Squarcini conteste toute irrégularité et ne démissionnera pas, a indiqué son défenseur. Le patron de la DCRI l'a soutenu ce lundi, indiquant que cette mise en examen «n'empêch(ait) pas Bernard Squarcini d'exercer la plénitude de ses fonctions» et qu'il était hors de question qu'il démissionne.

François Hollande s'en est offusqué au journal télévisé de TF1 ce lundi soir: «Je m'étonne que le ministre de l'Intérieur n'ait pas déjà prononcé la démission de Bernard Squarcini parce que c'est grave ce qui s'est produit. Cette faute devrait être immédiatement sanctionnée.» Le gouvernement décidera de son avenir «au terme de la procédure judiciaire», lui a répondu François Fillon au même moment sur France 2.

«Le Monde» estime avoir été victime d'un espionnage ordonné en haut lieu

La juge Sylvia Zimmerman avait convoqué Bernard Squarcini en qualité de témoin assisté. La magistrate cherche à déterminer son rôle dans une enquête de la DCRI à l'été 2010 comprenant l'analyse de factures téléphoniques détaillées – ou «fadettes» - de journalistes du Monde, pour identifier les sources du quotidien dans l’affaire Woerth-Bettencourt. Bernard Squarcini reconnaît ces faits mais parle d'un travail de routine ayant visé, selon lui, non pas la presse mais le fonctionnaire qui avait violé à ses yeux ses obligations en livrant un procès-verbal d'audition du dossier Bettencourt au journaliste.

Selon Me Maisonneuve, l'audition de quatre heures a consisté essentiellement en «un débat juridique». Les juges reprochent à la DCRI, selon l'avocat, d'avoir demandé et obtenu les «fadettes» sans avoir demandé, comme c'est obligatoire, l'avis d'une commission spécialisée. «Il n'est pas question que Bernard Squarcini démissionne. Il y a une mise en examen sur une interprétation stricte d'une loi de 1991, nous discutons, nous contestons cette interprétation», a déclaré l'avocat.

Le Monde, qui a déclenché cette procédure, ne voit pas l'affaire du même oeil et estime avoir été victime d'un espionnage ordonné en haut lieu en raison du danger provoqué par ses articles pour l'Elysée. L'informateur du journal identifié par la DCRI, le magistrat David Sénat, alors en poste au ministère de la Justice, a été limogé et affecté à une mission sur la cour d'appel de Cayenne.

Péchenard doit être prochainement entendu

Bernard Squarcini, proche de Nicolas Sarkozy, est un des plus hauts fonctionnaires de police français. C'est l'actuel chef de l'Etat qui l'a porté à la tête de la DCRI, vouée au contre-espionnage et à la lutte anti-terroriste, et créée par Nicolas Sarkozy en fusionnant la DST et les Renseignements généraux. Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, doit être entendu prochainement par la juge dans cette même affaire.

Plus tôt dans la journée, une juge a ordonné le placement sous tutelle de Liliane Bettencourt, à la demande de sa fille.

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