Affaire DSK/Banon: Seules les déclarations de Strauss-Kahn ont permis de qualifier l'agression sexuelle

ENQUÊTE e parquet précise qu'il n'y a dans le dossier «aucun autre élément factuel»...

E.O.

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Montage de Dominique Strauss Kahn et Tristane Banon.
Montage de Dominique Strauss Kahn et Tristane Banon. — SIPA / AFP

«Des faits pouvant être qualifiés d’agression sexuelle sont quant à eux reconnus.» Ces quelques mots, qui sont apparus jeudi dernier dans le communiqué du procureur faisant état du classement sans suite de la plainte de Tristane Banon contre Dominique-Strauss-Kahn, ont semé le trouble. Ils laissent en effet supposer que la justice est en possession d’éléments prouvant que l’ex-directeur du FMI s’est bel et bien rendu coupable d’un délit lors de son entrevue avec la romancière en 2003.

En réalité, ce sont les seules déclarations de Dominique Strauss-Kahn qui permettent la qualification d’agression sexuelle, explique-t-on au Parquet de Paris. En l’occurrence, «le fait qu’il ait reconnu avoir tenté d’embrasser» Tristane Banon. «Il n’y a pas d’autres éléments factuels dans le dossier», souligne Elisabeth Allannic, vice-procureure au tribunal de grande instance.

Les avocats de Diallo se saisissent du dossier

Dominique Strauss-Kahn conteste quant à lui l’appellation d’agression sexuelle et a diffusé vendredi le procès-verbal de son audition devant les policiers. L’objectif, selon ses avocats, est que «chacun puisse apprécier (son) comportement», qui «ne constitue en aucune façon au plan juridique une agression sexuelle». «J'ai essayé de la prendre dans mes bras. J'ai tenté de l'embrasser sur la bouche. Elle m'a repoussé fermement. Elle m'a lancé, en substance “Ça va pas?”. J'ai de suite relâché mon étreinte, elle s'est emparée de ses affaires et elle a quitté l'appartement furieuse», a déclaré Dominique Strauss-Kahn aux policiers.

Ces propos seront-ils suffisants pour nourrir le procès civil que les avocats de Nafissatou Diallo préparent? Les défenseurs de la femme de chambre du Sofitel, qui avait accusé DSK de viol en mai dernier à New York, ont en tout cas fait part de leur intention de se saisir du dossier Banon.

De son côté, David Koubbi, l’avocat de la romancière, a estimé que la décision du parquet constituait une «première victoire» puisqu’il est désormais «établi sans réserve que le dossier n’est pas vide». Selon lui, l’ex-directeur du FMI est un ainsi «agresseur sexuel non jugé». L’avocat a toutefois conseillé à sa cliente de ne pas engager une nouvelle procédure contre DSK, comme elle l’avait un temps envisagé.