Prise d'otage à Pôle emploi: Le forcené a été interpellé

FAIT DIVERS Un informaticien au chômage âgé de 45 ans retenait la directrice d'une agence parisienne et son adjoint...

Enora Ollivier, avec Oihana Gabriel

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Des policiers aux abords de l'agence Pôle emploi Beaumarchais, dans le 11e arrondissement de Paris, où un forcené a pris deux personnes en otage le 17 octobre 2011.
Des policiers aux abords de l'agence Pôle emploi Beaumarchais, dans le 11e arrondissement de Paris, où un forcené a pris deux personnes en otage le 17 octobre 2011. — 20 Minutes/ A. GELEBART

Dernière info: Le forcené s'est rendu et a été interpellé, ses deux otages ont été libérés. Son arme était factice.

L'homme qui retenait en otage deux employés de Pôle emploi dans une agence du 11e arrondissement de Paris située au 11 rue Pelée, a été interpellé, selon BFMTV.  Les otages - la directrice de l'agence et son adjoint -  ont été libérés. Une source policière a confié à notre journaliste sur place que le forcené était muni d'une arme factice, et s'était rendu. Il n'a pas été menaçant à l'encontre des otages.

Un «contact téléphonique» a lieu entre la police et le preneur d'otage pour tenter une «sortie négociée», écrivait sur Twitter, à 14h13, le journaliste Pierre Haski, lui-même au téléphone avec le preneur d'otage. Ce dernier «tient à ce que ses revendications passent au 20h», poursuit Pierre Haski.

Le cofondateur de Rue89 indiquait à 13h45 que l'homme «discutait depuis dix minutes avec la directrice d'agence Pôle emploi sur ses déboires» un échange qualifié de «courtois de part et d'autre».

«Allo, j'ai pris deux otages à l'agence Pôle emploi de Beaumarchais»

La prise d'otage avait débuté vers 11h30. L'homme disait être armé d'un pistolet chargé.

Le preneur d'otage a contacté le site Rue89.fr par téléphone dans la matinée: «Allo, j'ai pris deux otages à l'agence Pôle emploi de Beaumarchais, dans le 11e arrondissement de Paris. Voici mes revendications», a-t-il déclaré. L’homme, âgé de 45 ans, a qualifié son geste de «critiquable» mais estime qu’il poursuit un «objectif légitime».

«Je n'utiliserai pas les otages pour me protéger mais je viderai mon chargeur pour me défendre», a-t-il indiqué à Rue89, lors d'une deuxième conversation téléphonique. Il «voit des hommes cagoulés dans l'agence, avec des béliers» et «craint un assaut», racontait Pierre Haski, journaliste à Rue89, sur Twitter. L'homme a précisé qu'il resterait en ligne avec la rédaction «jusqu'au bout» de la prise d'otage.

«J'ai amorcé les étapes ultimes qui mènent à la précarité»

L’agresseur présumé a envoyé par e-mail à la rédaction de Rue89 un long texte de revendication. Selon le site, l’homme, informaticien au chômage, assure être méprisé par Pôle emploi. «Depuis le début des années 2000, comme pas mal de citoyens de français, je galère; mais depuis quelques années, j'ai amorcé les étapes ultimes qui mènent à la précarité. Mon âge est, à l'évidence, devenu un handicap certain dans ma recherche d'emploi (en fait, dès 35 ans vous êtes trop vieux)», écrit-il.

Le preneur d'otage demande par ailleurs dans son texte «la dissolution des groupuscules sionistes violents» en France. «Par cette action, je veux provoquer une prise de conscience nationale sur une situation inacceptable: l'impunité totale de certains extrémistes qui ont la liberté, pour faire valoir leur idéologie, de désinformer sciemment et officiellement, lyncher, ratonner, réaliser des chasses à l'homme, commettre des meurtres…avec la complicité explicite du gouvernement (des gouvernements, puisque cela perdure depuis plus de dix ans)», développe-t-il.

Selon Pierre Haski, le preneur d'otage «dit avoir pris sa décision cet été, alors qu'il arrivait en fin de contrat» et a alors «écrit son manifeste».

«Il voulait qu’on parle de lui, c’est réussi»

L'homme a admis auprès de Rue89 qu'il n'y avait aucun rapport entre ces deux revendications. «Il mélange plein de choses, ça prouve sa détresse» a déclaré Luc Poignant, du syndicat SGP, à notre journaliste sur place. «Le preneur d’otage fait son reportage sur Internet! Il voulait qu’on parle de lui, c’est réussi.»

Dans son courrier, envoyé via la boîte mail de la directrice de l'agence, l'homme se présentait lui même comme d’ «intelligence moyenne, culture moyenne, sans talents particuliers, français moyen». «Je ne représente aucune idéologie politique, aucune religion (je suis laïc et athée), je ne représente que moi-même, un simple citoyen avec ses convictions et sa conscience», écrivait-il également.

Interrogé sur Europe 1, Pierre Haski, a indiqué que le preneur d'otage était «très calme, très posé, maître de lui-même» lorsqu'il a appelé la rédaction. «La ligne est ouverte avec le preneur d'otages depuis 45 minutes. Il me semble que de parler avec lui calme le jeu, le rassure», indique le journaliste sur Twitter à 13h35.

Sur place, les syndicats de Pôle emploi ont déploré l'augmentation des agressions dans les agences. «Ca devait arriver, vue la situation sociale», a ainsi commenté Etienne, un employé de l'agence prise pour cible ce lundi.