Rennes: Entre 8.000 et plus de 15.000 manifestants anti-nucléaire

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Au mois 15.000 manifestants anti-nucléaire selon les organisateurs, 8.000 selon la préfecture, ont défilé ce samedi après-midi sous le soleil dans le centre ville de Rennes derrière une banderole réclamant l'«arrêt immédiat des chantiers EPR et THT (ligne très haute tension, ndlr)».

Au milieu du cortège, Eva Joly, la candidate Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, se définissant comme «candidate de la sortie du nucléaire», a expliqué qu'«il n'y a pas de victoire de la gauche sans les écologistes et il n'y a pas de victoire des écologistes sans les socialistes. Notre sort est scellé».

«Nous devons créer un rapport de force pour sortir du nucléaire», a-t-elle dit. «J'attends qu'ils entendent la demande que nous formulons et qu'ensemble nous construisions un pacte de gouvernement», a-t-elle ajouté.

De son côté Corinne Lepage, autre candidate à la présidentielle, a souligné que le nucléaire était «un choix catastrophique pour notre pays qui va coûter de plus en plus cher». «Il est temps d'arrêter les frais et de mettre l'argent dans du renouvelable», a-t-elle dit.

Ras-le-bol

Philippe Poutou, également candidat à la présidentielle pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a confié qu'«à 14 ans j'étais déjà anti-nucléaire». «Il faut une pression populaire pour en sortir, c'est le fond du problème», a-t-il soutenu.

Dans le cortège haut en couleurs on pouvait voir des orchestres et de nombreux jeunes au visage grimé venus avec amis ou enfants. «Le plus grand danger c'est la pollution», a souligné Valérie, 16 ans, tee-shirt jaune frappé du sigle «warning», et le visage peint de rose et vert «pour le côté peace and love».

Amélie, 26 ans, explique qu'elle est venue exprimer un «ras le bol général» avec sa petite fille âgée de 3 ans et soutenir «les gens qui agissent activement».

Démantèlement des centrales

Béret rouge et peinture rouge aux joues, Amandine, portant son bébé de 4 mois sur le ventre, veut sortir d'une «industrie dangereuse». «Des pays arrivent à se passer du nucléaire, pourquoi pas nous ?», a-t-elle demandé. «Je suis née l'année de Tchernobyl et ma fille l'année de Fukushima», dit-elle pour expliquer sa démarche.

Devant le cortège, un joueur de cornemuse, Georges Cadoudal, 83 ans, ancien éleveur de chèvres de Brennilis où une centrale nucléaire est en cours de démantèlement depuis de longues années. «Ils ne savent pas comment faire. Quand le démantèlement des grosses centrales arrivera, je te dis pas la pagaille que ça sera», affirme-t-il avant de reprendre ses mélodies celtes et ballades irlandaises.