DSK conteste avoir admis une agression sexuelle lors de son audition

JUSTICE Dominique Strauss-Kahn a publié son procès-verbal d'audition pour prouver qu'il n'a pas admis d'agression sexuelle sur Tristane Banon...

N.Bé avec Reuters

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Dominique Strauss-Kahn au 20H de TF1, le 18 septembre 2011.
Dominique Strauss-Kahn au 20H de TF1, le 18 septembre 2011. — F.GUILLOT/AP/SIPA

Dominique Strauss-Kahn a pris l'initiative rare vendredi de publier une pièce de procédure pour contester avoir admis lors de son audition de police début septembre une agression sexuelle sur Tristane Banon, comme le parquet de Paris le dit.

Les avocats de l'ancien directeur général du FMI ont diffusé à la presse ses propos exacts devant les policiers au lendemain du classement sans suite de la plainte de Tristane Banon par le parquet, qui a considéré que l'agression sexuelle était établie mais impossible à poursuivre car prescrite. «Chacun peut ainsi apprécier le comportement de Dominique Strauss-Kahn, mais il ne constitue en aucune façon au plan juridique une agression sexuelle. Les faits dénoncés par Tristane Banon sont imaginaires», disent-ils dans un communiqué.

«Nous avons badiné»

Selon le procès-verbal de son audition de police, Dominique Strauss-Kahn a déclaré avoir étreint et tenté d'embrasser Tristane Banon venue l'interviewer en 2003 dans un logement parisien où il lui avait donné rendez-vous, mais rien d'autre. Ses avocats estiment donc qu'il ne s'agit en rien d'une agression, mais le parquet a fait une analyse différente en concluant que l'agression sexuelle était établie.

«Tristane Banon est arrivée, nous nous sommes assis, elle dans le fauteuil et moi dans le canapé», a raconté DSK aux enquêteurs. «Après 25, voire 30 minutes, elle a terminé ses questions et nous avons discuté d'une façon plus légère. Nous avons 'badiné'. Nous avons adopté un ton de conversation plus personnel».

«Elle m’a repoussé fermement»

Dominique Strauss-Khan, qui était député à l'époque, a dit aux enquêteurs avoir interrogé la jeune fille alors âgée de 22 ans, amie de sa fille, sur ses goûts en matière d'art, de littérature, de voyages.

«J'ai essayé de la prendre dans mes bras. J'ai tenté de l'embrasser sur la bouche. Elle m'a repoussé fermement. Elle m'a lancé, en substance 'Ça va pas ?'. J'ai de suite relâché mon étreinte, elle s'est emparée de ses affaires et elle a quitté l'appartement furieuse», a conclu Dominique Strauss-Kahn.

Récit très différent de Tristane Banon

Tristane Banon a fait un récit très différent, expliquant que Dominique Strauss-Kahn s'était jeté sur elle, et lui avait arraché une partie de ses vêtements, avant qu'elle ne parvienne à s'échapper. Elle le qualifie de «cochon» et l'accuse dans son livre de lui avoir «volé sa vie».

Tristane Banon garde la possibilité de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, ce qui amènerait un juge d'instruction à se pencher sur le dossier pour une éventuelle nouvelle analyse. Me David Koubbi, son avocat, a déclaré vendredi qu'il n'avait pas pris encore de décision à ce sujet.