La plainte Banon classée

Julien Ménielleet Enora Ollivier

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Le parquet a reconnu que Tristane Banon avait été victime d'« agression sexuelle ».
Le parquet a reconnu que Tristane Banon avait été victime d'« agression sexuelle ». — R. DE LA MAUVINIERE / AP / SIPA

Le procureur de la République de Paris a indiqué hier dans un communiqué que la plainte de Tristane Banon contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol était classée sans suite. Le parquet met en avant un manque d'« éléments de preuve suffisants » à l'issue de l'enquête menée par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Nouvelle plainte ?
Le communiqué indique que des « faits pouvant être qualifiés d'agression sexuelle sont quant à eux reconnus ». Cependant, « commis en 2003 et n'ayant été révélés qu'en juillet 2011 », ces faits sont prescrits. « Cette décision du parquet, bien qu'insatisfaisante, constitue une première victoire pour mademoiselle Banon puisqu'au terme de cinq mois d'une bataille acharnée, il est établi sans réserve que son dossier n'est pas “vide” et que les faits qu'elle a dénoncés ne sont pas “imaginaires” », a réagi l'avocat de la plaignante, David Koubbi.
Tristane Banon accusait Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée, en 2003, alors qu'elle se trouvait seule avec lui dans un appartement, dans le but de l'interviewer. Selon la jeune femme, l'ex-directeur général du FMI l'aurait touchée puis, devant sa résistance, se serait bagarré avec elle. Il l'aurait « ceinturée par derrière », lui aurait « peloté les seins » et se serait « frotté contre son corps ». La romancière aurait finalement réussi à se dégager et à s'enfuir.
Interrogé le 12 septembre par la police judiciaire, Dominique Strauss-Kahn avait quant à lui concédé uniquement des « avances » et avait affirmé penser que la jeune femme était consentante. Tristane Banon a déjà prévenu que si le parquet prenait une décision de classement, elle déposerait immédiatement une plainte avec constitution de partie civile, ce qui entraîne automatiquement la désignation d'un juge d'instruction. Interrogé à ce sujet hier, David Koubbi a indiqué qu'il n'avait pas pris de décision.
Par ailleurs, les avocats de la femme de chambre du Sofitel qui avait accusé DSK de tentative de viol en mai à New York devraient se saisir du dossier, malgré le classement sans suite de la plainte. Ils souhaiteraient nourrir le procès civil qu'ils préparent, après l'abandon des poursuites pénales en raison des mensonges de son accusatrice.