Jérôme Declercq, contrôleur SNCF: «On a essayé d'alerter la direction sur ce qui se passe dans les trains»

INTERVIEW Un contrôleur décrit ses conditions de travail au lendemain de l'agression de l’un de ses collègues...

Propos recueillis par Nicolas Bégasse

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Contrôle de billets sur les trains banlieue.
Contrôle de billets sur les trains banlieue. — DURAND FLORENCE/SIPA

Jeudi matin, un contrôleur SNCF était agressé de 8 coups de couteau dans un train entre Lyon et Strasbourg. Partout en France, ses collègues ont massivement exercé leur droit de retrait en réaction. Contacté par 20Minutes, Jérôme Declercq, responsable CGT et lui-même contrôleur, parle des conditions de travail, dégradées selon lui, des agents SNCF.

Cette agression vous a surpris?
Non, parce que cela fait plusieurs mois qu’on alerte la direction sur ce qui se passe dans les trains, avec une augmentation des agressions par rapport à 2010.

A quoi est due cette situation?
Il y a plusieurs raisons, notamment les mesures prises par la direction sur l’organisation du travail et sur sa structuration. Il y a des lignes où on a fermé des gares, où on a supprimé du personnel. Résultat: il est parfois difficile d’acheter un billet. Ca agace les usagers et ça peut créer des situations de tension.

La relation entre contrôleur et usagers s’est-elle dégradée?
Oui, dans les circonstances que je viens de décrire. Quand vous êtes dans l’impossibilité d’acheter un billet, vous montez dans le train dans un mauvais état d’esprit. Ce sont tous ces petits désagréments qui peuvent dégrader la relation avec les contrôleurs.

Diriez-vous qu’être contrôleur est un métier à risque?
Ca le devient. Dans ce métier, le risque zéro n’existe pas.

Comment pourrait-on améliorer les conditions de travail des contrôleurs?
Déjà, il faudrait que l’on fasse en sorte que les usagers puissent acheter leur billet, et ne pas mettre un seul contrôleur dans un train.

Personnellement, en tant que contrôleur, avez-vous déjà vécu des situations tendues?
Oui, plusieurs fois. C’en est déjà venu aux mains.

Comment réagir dans ces cas-là?
La meilleure solution c’est de se protéger et de protéger les usagers.