Yom Kippour vu par les juifs libéraux

RELIGION A Paris, c'est une femme rabbin qui dirigera les offices du «jour du pardon» ce vendredi et samedi...

Corentin Chauvel

— 

Pauline Bebe, première femme rabbin de France.
Pauline Bebe, première femme rabbin de France. — DR

Les célébrations du  mois de Tishri, le premier et le plus important de l’année dans le calendrier juif, se poursuivent ce vendredi avec Yom Kippour, «le jour du pardon». A l’occasion de la journée «la plus solennelle de l’année» pour les juifs, zoom sur la communauté juive libérale française, menée en Ile-de-France par Pauline Bebe, la première femme à avoir été nommée rabbin en France et auteur de «A l’ombre du Tamaris» (Presses de la Renaissance, 2010).

«Les juifs libéraux sont un courant apparu en Allemagne à la fin du 17e siècle et au début du 18e siècle», explique Pauline Bebe à 20Minutes. «Ils voulaient être autant pratiquants que citoyens de leur pays, en sortant du ghetto», ajoute-t-elle. Aujourd’hui doté de 1.800.000 membres, les juifs libéraux constituent le mouvement «réformiste» majoritaire dans le monde juif.

«Les hommes et les femmes prient côte à côte»

Sa particularité est ainsi de promouvoir la mixité au sein de la religion juive. Contrairement au courant traditionnel, «les hommes et les femmes prient côte à côte» et des femmes peuvent devenir rabbin, telle Pauline Bebe, nommée en 1990. «Nous sommes deux en France et il y a plus d’un millier de femmes rabbins dans le monde», précise-t-elle.

Les autres différences avec le courant traditionnel se situent dans les offices dont une partie est énoncée en Français, «car tout le monde ne comprend pas l’Hébreu», dans la liturgie, autant ancienne que moderne, ainsi que dans la présence d’instruments de musique durant les offices.

En résumé, le mouvement juif libéral se veut «plus universaliste, égalitaire, pluraliste et ouvert aux femmes», selon Pauline Bebe. Le rabbin concède cependant que son courant est «mal perçu par certains traditionalistes» qui estiment qu’il va «contre l’essence du judaïsme». Pourtant, d’après elle, le judaïsme «doit évoluer pour se maintenir» et «les formes de religion modérée sont à encourager».

Jeûne et demande de pardon à Dieu

Dès ce vendredi soir, Pauline Bebe dirigera tous les offices de Yom Kippour jusqu’à samedi soir. Ces 25 heures, qui viennent clore le nouvel An juif (Roch Hachana) et «une période de retour sur soi», sont notamment marquées par un jeûne et une demande de pardon à Dieu. Leur fin sera annoncée par la sonnerie du Shofar, une corne de bélier.

Le rabbin s’attend à une affluence particulièrement nombreuse (600 à 700 personnes) dans sa synagogue du 11e arrondissement de Paris, car «si les juifs observent un jour de pratique religieuse dans l’année, c’est vraiment celui-là». Le mois de Tishri se terminera avec Soukkot, mercredi prochain, et Simhat Torah.