Manifestations: Les retraités crient leur «misère» dans la rue

DEPENDANCE Ils réclament une meilleure prise en charge de la dépendance, promise en 2007...

Gilles Wallon

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Des milliers de retraités ont manifesté hier dans 110 villes de France (ici, à Lille).
Des milliers de retraités ont manifesté hier dans 110 villes de France (ici, à Lille). — B. CHIBANE / SIPA

Des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l'Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d'achat. A Paris, ils étaient 3.200 selon la police.

Parmi eux, Gérard, 76 ans, un ancien cadre de chez Renault à la retraite. «Ma mère touchait une pension de 1.100 euros par mois. Sa place dans une maison de retraite publique coûtait 2.200 euros. On a dû vendre son appartement pour qu'elle puisse y rester.»

La dépendance, Marie connaît aussi. Cette infirmière de 62 ans vient à peine de prendre sa retraite. Elle a vu beaucoup de situations «difficiles» parmi ses patients. «Quand on est dépendant, on a besoin d'aide la journée, la nuit. Pas simplement deux heures par jour, comme c'est le cas actuellement. Mais les maisons de retraite coûtent très cher. Et beaucoup de gens veulent rester chez eux.»

«Revenus de misère»
Antoine, 71 ans, est venu de Caen pour protester. «Notre pouvoir d'achat a baissé de 20% en dix ans. 900.000 personnes âgées sont sous le seuil de pauvreté. Elles ont travaillé toute leur vie et elles vivent aujourd'hui avec des revenus de misère», s'emporte ce retraité de l'industrie pharmaceutique. «Il y a des veuves qui sont forcées d'aller aux Restos du cœur, c'est triste dans un pays comme la France. On a quand même des richesses ici!»

Pour ces manifestants, la dépendance doit devenir le «cinquième risque» de la vie couvert par le régime de Sécurité sociale. Promise en 2007 par Nicolas Sarkozy, une réforme en ce sens n'a pas cessé d'être repoussée. «C'est vrai que ça coûte cher. Où trouver l'argent? Je ne sais pas trop», avoue Gérard. «Il y a des revenus choquants en France. On pourrait les taxer», propose Antoine. Sceptiques quant à des avancées avant la présidentielle, les manifestants veulent tout de même croire au «cinquième risque» pour l'après-2012.