Xavier Bertrand: «Redonner confiance aux Français»

INTERVIEW Le ministre soutient la proposition PS d'interdiction totale du bisphénol A...

Recueilli par Lucie Soullier

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Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, mardi.
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, mardi. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, fait le point sur le bisphénol A.

Aujourd'hui est examinée la proposition de loi PS interdisant l'usage du bisphénol A (BPA) dansles contenants alimentaires. La soutenez-vous?

Oui, et je veux même aller plus loin. J'ai toujours dit que si nous avions des éléments nouveaux, nous prendrions nos responsabilités. Le nouveau rapport de l'Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail] a modifié la donne en démontrant des risques avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles doses. La priorité est désormais de limiter l'exposition des publics les plus sensibles, à savoir les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes enceintes et allaitantes. La proposition de loi veut interdire le BPA dans les contenants alimentaires en 2014. Je veux l'interdire dès 2013 pour les enfants de moins de 3 ans.

Pourquoi un tel délai ?
Il faut que les industriels puissent développer des méthodes de substitution. Et, surtout, les étudier pour s'assurer qu'elles sont à la fois efficaces et sans risque.

En attendant, certains demandent une campagne d'information…
Je souhaite que soit mise en œuvre une information en direction des parents de jeunes enfants et des femmes enceintes et allaitantes. Une plaquette va être largement diffusée avant la fin de l'année pour promouvoir des gestes de précaution simples. L'Anses réalisera également en 2012 un guide de recommandations pour diminuer l'exposition au BPA. Par ailleurs, l'Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques) ouvrira d'ici à la fin 2011 une plate-forme d'information et d'échanges pour les professionnels et parties prenantes concernées (comme les associations de consommateurs), afin de mieux partager les informations sur les substituts de façon à encourager leur développement.

Le contexte du Mediator a-t-il accéléré la prisede conscience ?
Sans parler de surréaction, il ne faut plus laisser traîner. La phrase maintes fois entendue que le doute avait profité systématiquement au laboratoire m'a marqué. Car c'est aux patients qu'il doit profiter. Ce contexte post-Mediator amène à une prise de responsabilité plus rapide. Je veux redonner confiance aux Français.

C'est pourquoi vous avez appelé la majorité à voter pour la proposition du PS, le 12 octobre ?
Oui. Car ce n'est pas un problème de droite ou de gauche. Que l'on ne s'oppose pas à l'Assemblée sur ce sujet participe à restaurer la confiance. Mardi, les socialistes ne se sont pas opposés au projet de loi renforçant le contrôle des médicaments, et nous ne nous opposerons pas à la proposition de loi socialiste interdisant le bisphénol A.