Babu, mort dans le métro: Les quais des stations sont-ils sûrs?

TRANSPORTS Malgré les moyens de sécurisation mis en place par la RATP, les incidents peuvent arriver à tout moment...

Corentin Chauvel

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Le quai du métro à Paris en octobre 2010.
Le quai du métro à Paris en octobre 2010. — PURESTOCK/SIPA

Après la mort de Babu, un homme jeté jeudi dernier sur les voies du métro parisien, les services de sécurité des transports expriment leur impuissance face à un cas d’incident «très rare» et «très isolé», le premier ayant entraîné un décès cette année.

Contactée par 20Minutes, la RATP énonce les moyens mis en œuvre pour assurer la sécurité sur les quais: bande podotactile (sur le sol, à ne pas franchir avant l’arrivée du train), caméras de vidéosurveillance et portes palières (pour certaines stations). Pour la Brigade des réseaux ferrés (BRF), RATP et SNCF, la vidéoprotection est essentielle, gérée depuis une cellule de veille active qui surveille toutes les gares.

«Impossible d’empêcher les gens de se retrouver sur les voies»

«Cela permet de visionner les quais et de diriger les équipes», explique à 20Minutes le commandant Isabelle Martinez, qui dirige la BRF. Cependant, même si des effectifs de sécurité sont présents dans les stations importantes ainsi que les plus criminogènes, «il est impossible d’empêcher matériellement les gens de se retrouver sur les voies».

Quid des portes palières, déjà présentes sur certaines stations des lignes 1, 13 et 14? «C’est très pratique, ça évite d’être poussé ou de traverser la voie», affirme Isabelle Martinez qui souligne toutefois les contraintes techniques soulevées par la RATP, ce qui empêche sa généralisation immédiate.

«Les faits criminels ont lieu dans les rames plutôt que sur les quais»

«C’est pourtant une volonté de leur part, cela réduirait les incidents et les suicides, parce qu’à l’arrivée de la rame, le machiniste ne peut rien faire», ajoute la responsable de la BRF. Si les «pousseurs du métro» ont déjà agi sur le RER, les portes palières ne sont pas à l’ordre du jour à la SNCF car, contrairement au métro, les voies ne sont pas électrisées. Ce sont en effet les caténaires, situés en hauteur, qui alimentent les trains.

Malgré la médiatisation importante de ce genre de drames, Isabelle Martinez se veut rassurante sur la sécurisation des quais. Selon elle, «tout le monde sait que nous sommes vidéosurveillés» et, globalement, «les faits criminels ont lieu dans les rames plutôt que sur les quais».