Marie Dedieu, une vie de combats

PORTRAIT Marquée très jeune par le handicap, Marie Dedieu avait participé à la lutte pour le droit des femmes avant de s'installer dans son «coin de paradis» au Kenya...

N.B. avec agence

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Photographie non datée de Marie  Dedieu, la Française de 66 ans enlevée le 1er octobre 2011 de son domicile de l'île de Manda, au large du Kenya.
Photographie non datée de Marie Dedieu, la Française de 66 ans enlevée le 1er octobre 2011 de son domicile de l'île de Manda, au large du Kenya. — AFP PHOTO/STR

La vie de Marie Dedieu, ressortissante française de 66 ans kidnappée dans la nuit de vendredi à samedi et maintenue en otage en Somalie, a été marquée par les combats personnels.

Contre le handicap, d’abord. C’est très jeune, à la fin des années 1960, qu’elle est victime d’un grave accident de voiture qui la condamnera à vivre en fauteuil roulant pour le restant de ses jours.

Proche de la féministe et cofondatrice du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) Antoinette Fouque, c’est la cause des femmes qui représente l’autre combat de sa vie. Signataire du «Manifeste des 343» en 1971, qui réclamait le droit à l’avortement, elle est au début des années 1970 la directrice de la publication du magazine féministe Le Torchon brûle.

L’existence de Marie Dedieu prend un tournant apaisé et serein avec la découverte du Kenya et de l'île de Lamu, dans les années 1990. «Là, il s’est passé quelque chose de miraculeux, raconte un proche de Marie Dedieu cité par le Parisien. Marie s’est mise à remarcher. Très difficilement certes, mais c’était incroyable. Il y avait quelque chose sur cette île qui lui faisait du bien.» Arrivée il y a une quinzaine d’années dans l’archipel de Lamu, au sud-est du pays, elle fait construire sur l’île de Manda une maison traditionnelle de style swahili. Elle est parfaitement intégrée à la vie locale, selon ses proches.

Seule ombre au tableau: la Française est très malade depuis plusieurs années, et doit prendre ses médicaments toutes les 4 heures. Le Quai d’Orsay a d’ailleurs exprimé ses craintes sur son état de santé actuel.

Même si le leader d'un groupe de pirates a déclaré à Reuters que l'otage française se portait bien. «Elle va très bien (…), nous cherchons à obtenir une rançon», a assuré cet homme dont Reuters ne peut vérifier de source indépendante les assertions.