Le point sur l'affaire Michel Neyret

ENQUÊTE ue reproche-t-on au superflic lyonnais arrêté jeudi dernier? Où en est l’enquête? A quoi doit-on s'attendre cette semaine? Résumé de l’affaire Neyret…

Nicolas Bégasse
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Michel Neyret, directeur adjoint à la direction interégionale de la PJ. Lyon, le 17 mai 2011.
Michel Neyret, directeur adjoint à la direction interégionale de la PJ. Lyon, le 17 mai 2011. — CYRIL VILLEMAIN / 20 MINUTES

Qui est Michel Neyret?
Légende de la police lyonnaise, héros de la lutte  contre la criminalité dans la région, Michel Neyret,   55 ans, faisait  jusqu’à jeudi figure d’exemple en termes d’image et  de  résultats.  Diplôme de l’Ecole nationale supérieure de la police  en   poche, il passe par la police judiciaire  (PJ) de Versailles, avant   d’intégrer la Brigade de recherche et  d’intervention (BRI) de Lyon.   Patron de l’antigang lyonnais pendant 20  ans, il dirige la PJ de Nice   pendant trois ans, puis occupe le poste  de numéro  2 de la PJ de Lyon.  Un parcours brillant salué par des  résultats plus  qu’honorables, qui ont fait dire vendredi à Claude Guéant que ces  soupçons étaient un «terrible séisme» et que sa culpabilité «serait une  immense douleur».

Que lui reproche-t-on?
Michel Neyret a été interpellé jeudi dernier dans  le cadre d'une   information judiciaire ouverte en mai 2011 pour  corruption active et   passive, trafic d'influence et association de  malfaiteurs. Il est   soupçonné d'avoir été en contact avec  le grand banditisme et d'avoir   rémunéré des informateurs en détournant  du cannabis en importante   quantité. Dès la fin 2010 et à nouveau en mai  dernier, des écoutes   téléphoniques ont été ordonnées par les enquêteurs.  Elles ont fait   apparaître des contacts   entre  Michel Neyret et des collègues lui demandant de faire passer   «des  trucs» susceptibles de servir de rémunération à des indicateurs.

Pourquoi en parle-t-on autant?
Si le «grand flic» lyonnais est à ce point exposé  dans les médias,   c’est parce qu’avant même cette affaire, il n’était pas  un policier   anonyme. En 2004, il recevait la Légion d’honneur en  récompense de ses   états de service. Début septembre,  il apparaissait à plusieurs reprises   dans le magazine de M6 «Zone  Interdite» consacré au grand banditisme.   Il avait même  servi de consultant lors du tournage du prochain film   d’Olivier Marchal,  «Les Lyonnais», qui évoque justement la criminalité   lyonnaise.

Et maintenant?
Michel Neyret n’est pas seul dans le viseur de  l’IGS,   la police des polices. Son épouse et plusieurs policiers lyonnais  et   grenoblois, entre autres, ont été ou vont être interrogés par    l’Inspection générale des services, à Paris. Selon  Lyon Capitale,   qui évoque  une source proche du dossier, «des auditions, voire des   arrestations de  magistrats dans la région lyonnaise et sur la Côte   d'Azur sont en  préparation». Michel Neyret, après 96 heures de  garde à vue, devrait être présenté dans la journée à un juge  d'instruction parisien. Son avocat a annoncé en début d'après-midi qu'il avait été mis en examen.