Nice: Les tortionnaires de William Modolo jugés en appel

JUSTICE Le jeune homme de 21 ans avait succombé le 18 mai 2006, au terme d'une longue litanie de tortures auxquelles avaient participé cinq personnes...

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Environ 300 personnes participent à une marche blanche, le 22 mai 2010 à  Peypin (Bouches-du-Rhône) en hommage à William Modolo, assassiné près d'Aix-en-Provence en mai 2006.
Environ 300 personnes participent à une marche blanche, le 22 mai 2010 à Peypin (Bouches-du-Rhône) en hommage à William Modolo, assassiné près d'Aix-en-Provence en mai 2006. — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Les cinq personnes condamnées en 2010 pour leur participation à l'assassinat barbare de William Modolo, torturé à mort en 2006 près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), vont être rejugées à partir de ce lundi et jusqu'au 14 octobre par la cour d'assises d'appel de Nice. Le jeune homme de 21 ans avait succombé le 18 mai 2006, au terme d'une longue litanie de tortures auxquelles avaient participé cinq personnes, condamnées le 9 septembre 2010 à des peines allant de 19 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Quatre d'entre elles, à l'exception de Jean-Pierre Planqueel, 31 ans, considéré comme le chef du groupe et le plus lourdement condamné, ont fait appel. Le parquet général en a fait autant. Pour les proches du jeune homme, qui s'étaient dits satisfaits après le verdict, «cela va être une épreuve supplémentaire», a expliqué Me Franck Gardien, leur avocat, à l'AFP.

«Cela va être très pénible»

«Ils vont devoir à nouveau endurer le récit de ce que William a subi, cela va être très pénible», a-t-il ajouté. Le seul souhait de la famille désormais, «c'est d'avoir des réponses précises sur le rôle tenu par chacun des accusés», a ajouté l'avocat. «Planqueel a reconnu sa part dans ce crime odieux, alors que les autres se sont renvoyé la balle», selon lui. «Nous avons donc espoir cette fois que les accusés se montrent plus responsables de ce qu'ils ont fait», a résumé Me Gardien.

La victime, complexée par son surpoids, à la recherche d'amitiés et d'un amour qu'il n'avait jusque-là pas trouvés, s'était liée à un groupe hétérogène mêlant des habitués de la rue et des jeunes socialement plus insérés, en rupture avec leur famille. Très vite, William était devenu «le petit esclave» du groupe, comme l'avait dit l'une des accusées, jusqu'à ce jour du 18 mai 2006 où il subit plusieurs heures de sévices jusqu'à sa mise à mort dans la soirée.

Il avait été retrouvé quatre jours plus tard par la police municipale de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône), abandonné dans un sous-bois, le corps dénudé. Il portait des traces de brûlures, de coups multiples, avait eu la tête fracassée à coups de pierre, présentait des traces de viol anal et douze de ses dents avaient été arrachées.

Des peines de 19 à 30 ans de réclusion

Planqueel a été condamné à 30 ans de réclusion, dont 20 incompressibles, alors que le ministère public avait requis contre lui la perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté. Franck Julien, 39 ans, accusé de viol, d'actes de torture ainsi que de complicité d'assassinat, a été condamné à 28 années de réclusion, dont 18 ans et quatre mois incompressibles.

Arnaud Frapech, 29 ans, fils d'avocat et toxicomane, a écopé d'une peine de 23 ans, tout comme Barbara Jean-Louis, 28 ans, l'aide-maternelle qui avait dénoncé les faits, condamnée pour complicité d'assassinat. Enfin, Aurélie Piteux, 24 ans, la compagne de Planqueel, accusée d'avoir attisé la violence, a été condamnée à 19 ans de réclusion.