Numéro 2 de la PJ lyonnaise: L'épouse de Michel Neyret mise en examen et placée en détention

ENQUÊTE 'autres responsables de police sont également interrogés...

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Michel Neyret a la réputation d'être un « super flic ».
Michel Neyret a la réputation d'être un « super flic ». — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

L'épouse de Michel Neyret arrêtée en sa compagnie et un présumé membre du grand banditisme ayant un lien avec le chef adjoint de la PJ ont été présentés au juge dès ce samedi et mis en examen, a indiqué une source judiciaire. Le parquet a requis leur placement en détention et un juge des libertés devait statuer dans la nuit. Directrice d'un hôtel, l'épouse de Michel Neyret est poursuivie pour «recel de corruption, de trafic d'influence et de vol et association de malfaiteurs».

La garde à vue du numéro 2 de la police judiciaire (PJ) lyonnaise, soupçonné de corruption et de détournement de drogue, a pour sa part été prolongée ce samedi et devrait durer jusqu'à lundi, a indiqué une source judiciaire.

Le patron de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la PJ lyonnaise, le chef de son antenne grenobloise et son adjoint arrêtés vendredi devraient également rester en garde à vue jusqu'à lundi avant une éventuelle présentation à un juge d'instruction, a-t-on précisé. Ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d'une information judiciaire, ouverte en mai 2011 pour corruption active et passive, trafic d'influence et association de malfaiteurs.

Détournement de cannabis

Michel Neyret est soupçonné d'avoir été en contact avec le grand banditisme et d'avoir rémunéré des informateurs en détournant du cannabis en importante quantité, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Michel Neyret n'est pas lié à un trafic international de stupéfiants au coeur d'une autre enquête qui a mis à jour des soupçons de corruption sur le policier. Des échanges téléphoniques ont fait apparaître des contacts entre lui et des collègues lui demandant de faire passer «des trucs» susceptibles de servir de rémunération à des indicateurs.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a prévenu que des «sanctions adéquates» seraient prises si la justice démontrait la culpabilité de policiers, ce qui serait une «très grande peine». L'enquête est menée par l'Inspection générale des services (IGS, «police des polices») parisienne sous la conduite de juges d'instruction de Paris.

L'épouse de Michel Neyret, 62 ans, qui possède un hôtel de luxe près de Vienne (Isère), a été interpellée jeudi tandis qu'un escroc présumé a été mis en examen à Grasse notamment pour blanchiment et corruption. Menant grand train, il est soupçonné d'avoir mis à disposition de Neyret des véhicules de luxe lors de ses séjours sur la Côte d'Azur.