Manifestations de lycéens après une rumeur de suppression de vacances

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Plusieurs centaines de lycéens ont manifesté vendredi dans le nord, la région parisienne et l'est du pays après avoir été alertés par SMS que le gouvernement pourrait supprimer un mois de vacances l'été, alors que seul existe un projet de réduction de deux semaines.

Quelque 500 lycéens ont manifesté à Douai (Nord), ainsi qu'à Béthune et à Lens (Pas-de-Calais), et une centaine à Dunkerque (Nord), selon le rectorat de Lille qui a comptabilisé une douzaine d'établissements ayant fait l'objet de tentatives de blocages.

La «rumeur infondée et ubuesque» de suppression d'un mois de vacances s'est répandue par SMS et par le réseau social Facebook, a expliqué le rectorat en dénonçant une «désinformation orchestrée».

Au Chesnay (Yvelines), une dizaine de voitures ont été endommagées autour du lycée professionnel Jean-Moulin, a constaté l'AFP. «Plusieurs dizaines» de lycéens auraient causé ces violences après la même rumeur que dans le Nord, a précisé une source policière. Dix jeunes ont été interpellés, selon une autre source policière.

«Une rentrée plus que jamais catastrophique»

«On a fait un blocus parce que le président Sarkozy veut nous enlever un mois de vacances et c'est pour ça qu'on s'est révolté», a dit à l'AFP une lycéenne de 15 ans, qui n'a pas souhaité dévoiler son identité. La jeune fille a cependant condamné les violences qui ont suivi: «C'est dégueulasse d'avoir cassé les voitures des gens».

Et pour la même raison, près de 500 lycéens, selon la police, ont manifesté à Vesoul (Haute-Saône), plusieurs d'entre eux indiquant à l'AFP avoir été alertés par SMS.

Dans un communiqué, l'Union nationale lycéenne (UNL) s'est félicitée que «plusieurs dizaines de lycées» aient été bloqués vendredi dans le pays, afin selon le premier syndicat lycéen de protester contre «une rentrée plus que jamais catastrophique».

L'UNL a aussi lancé «un avertissement au gouvernement de ne pas toucher du tout» aux congés d'été, mais son président Victor Colombani, interrogé par l'AFP, a trouvé «assez curieux» le message SMS reçu par les lycéens et a assuré que «ça ne vient pas de chez nous».

Une telle rumeur avait déjà circulé l'an dernier. Il n'a cependant jamais été question de supprimer un mois de vacances d'été, mais deux semaines.

Cette proposition, faite début juillet par le comité de pilotage sur les rythmes scolaires, a été reprise à son compte par le ministre, Luc Chatel, qui entend annoncer «à l'automne», après concertations, des décisions pouvant entrer en vigueur à partir de la rentrée 2013, soit pour l'été 2014.

Dans son communiqué, l'UNL a surtout dénoncé les conditions d'enseignement depuis la rentrée, en réclamant un plan pluriannuel de recrutements, une nouvelle réforme de la formation des enseignants et en appelant les lycéens à rejoindre la mobilisation interprofessionnelle du 11 octobre.

«Classes à 35 élèves, professeurs non remplacés, centaines, voire milliers d'élèves sans affectation faute de place dans les lycées, professeurs mal formés... Voilà la réalité à laquelle sont confrontés 2,5 millions de lycéens en cette rentrée», a regretté l'UNL.