un Hanneton piqué d'espionnage

Olivier Hertel

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Le hanneton pourrait être dirigé à distance.
Le hanneton pourrait être dirigé à distance. — R. ORLOWSKI / REUTERS

Des insectes espions équipés de mini-caméras et autres capteurs ! Les militaires américains adorent cette idée. Et ils la prennent très au sérieux. En témoignent ces recherches financées par la Darpa (agence pour les projets de recherche avancée de défense) menées par Ethem Erkan Aktakka de l'université du Michigan (Etats-Unis). Avec ses collègues de l'université de l'Utah, il développe un coléoptère cyborg, radiocommandé.

Mini-machines de guerre
Pour contrôler le mouvement de ses ailes et donc le diriger à distance, des électrodes peuvent être implantées directement dans les muscles impliqués ou dans son système nerveux. Ce concept concurrence sérieusement les nombreux projets de micro-véhicules aériens, des robots qui miment les insectes. Mais selon les chercheurs américains, aucun robot ne peut rivaliser avec les performances de vol d'un véritable insecte. D'où l'idée de modifier un animal plutôt que d'essayer de le réinventer. Problème : le contrôle à distance de ces hannetons exige de l'énergie pour alimenter les électrodes. Or, cette énergie est actuellement délivrée par de petites batteries n'ayant que quelques minutes d'autonomie. Les chercheurs américains ont donc eu l'idée de récupérer l'énergie produite par les vibrations du battement des ailes. Ils ont ainsi implanté sur l'insecte, à la base de ses ailes ou encore sur ses élytres (ailes antérieures dures qui recouvrent les ailes postérieures au repos), un matériau dit piezoélectrique, qui transforme en courant les micro-vibrations dues au battement. Les vols d'observation ne seront donc plus limités par la capacité physique de l'insecte. Toutefois, pour tester cette technologie, les hannetons devaient battre des ailes tout en restant accrochés à une sorte de potence. Car pour le moment, ces mini-machines de guerre ne sont encore que des prototypes de laboratoire. Mais d'ici à quelques années, les nouvelles recrues de l'armée américaine pourraient bien être… des hannetons.