Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (au centre), lors de sa visite des Champs-Elysées, à Paris, le 12 septembre 2011.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (au centre), lors de sa visite des Champs-Elysées, à Paris, le 12 septembre 2011. — P.KOVARIK / AFP

SOCIETE

Paris: Les mendiants interdits sur les Champs

L'arrêté anti-mendicité appliqué mardi vise à lutter contre la délinquance roumaine...

Sa technique, quoique bien connue, est efficace auprès des touristes des Champs-Elysées (8e arrondissement de Paris). Alex*, un jeune Roumain qui se dit majeur, feint avoir trouvé une bague au pied des passants et la leur propose en échange d’une pièce. «On se sent obligé de lui donner. Il nous dit que c’est pour manger», raconte un passant.

Depuis son arrivée en France en mars, l’adolescent assure s’être retrouvé une dizaine de fois au commissariat. Mais c’était avant l’arrêté préfectoral interdisant la pratique de la mendicité «et de ses formes assimilées», appliqué dès mardi jusqu’au 6 janvier 2012 sur l’avenue. Désormais il risque 38 euros d’amende et des poursuites pénales. Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant en visite ce lundi dans le quartier, veut mener «une lutte acharnée» contre la délinquance roumaine.

Reconduites à la frontière

D’après la préfecture de police, les interpellations de Roumains ont augmenté de 56,25 % sur les Champs depuis le début de l’année par rapport à 2010. «Il y a un lien entre la mendicité et les vols à la tire», justifie-t-on au cabinet du préfet. Au restaurant le George V, la direction a été obligée de «barricader la terrasse à cause des Roumaines et de leurs fausses pétitions. Question d’image», raconte un serveur.

L’arrêté donnera la possibilité à la police de contrôler l’identité des mendiants. Et d’obliger les étrangers qui ne seraient pas en règle à quitter le territoire. Les mineurs, qui constituent la moitié de la délinquance roumaine à Paris, seront «confiés au service d’aide à l’enfance dans leur pays», selon le ministre.

«La Roumanie ne peut pas les accueillir dans de bonnes conditions», réagit Edouard Donnelly, le président de Hors la rue, une association de protection des mineurs étrangers. «Il faut s’attaquer aux réseaux avant de les renvoyer chez eux. Car ils reviendront», fustige-t-il. Preuve de leur extrême pauvreté, Alex n’hésite pas à se prostituer pour quelques billets. «Vingt euros la p***», lance-t-il au premier venu.

*Le prénom a été changé