11-Septembre: Les Français ont appris à vivre avec la menace terroriste

SONDAGE Le plan Vigipirate et la présence de militaires dans les gares ont notamment été bien acceptés...

Gilles Wallon

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Au-dessus du seuil actuel du plan Vigipirate, il ne reste que le niveau «écarlate», synonyme de «l'imminence» d'un attentat sur le sol français.
Au-dessus du seuil actuel du plan Vigipirate, il ne reste que le niveau «écarlate», synonyme de «l'imminence» d'un attentat sur le sol français. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Réalistes, prudents, mais pas effrayés: dix ans après le 11-Septembre, les Français se disent conscients d’une menace terroriste sur leur territoire. Mais ils ont appris à vivre avec, sans pour autant changer leurs habitudes ou leur mode de vie. Ce sont les enseignements d’un sondage Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France Info*, réalisé pour les dix ans de la journée qui a changé le monde.

«Les Français sont conscients de la menace terroriste, ils savent qu’ils peuvent être exposés. Mais ils jugent adéquates les mesures que l’État a prises pour les protéger», estime Jérôme Miara, directeur de l’institut Infraforces. 70% des Français estiment que la menace terroriste est sérieuse, et 64% croient qu’un attentat peut avoir lieu sur le sol français. Mais ils voient favorablement (à 61%) l’action du gouvernement face à cette menace.

Prudents dans les transports

Depuis le 11-Septembre, un nouveau réflexe est arrivé dans le quotidien: 75% des Français sont plus prudents dans les transports en commun. Mais c’est à peu près tout : 80% d’entre eux prennent autant l’avion qu’avant, et 81% ne cherchent pas à éviter les lieux très fréquentés. «Il y a une histoire particulière des Français avec les attentats dans les transports publics», note Jérôme Miara, en référence aux attentats meurtriers des stations RER St-Michel en 1995 et Port-Royal en 1996.

Le plan Vigipirate et la présence de militaires dans les gares ont donc été bien reçus. «Les Français pensent que leur pays est protégé, mais ils n’oublient pas le contexte international, remarque Jérôme Miara. Ils estiment ainsi que le nombre de groupuscules terroristes a augmenté, et que la France peut être une cible à cause de son implication en Afghanistan. Ils sont conscients du monde qui les entoure. Ils ne vivent pas dans une bulle.»          

* Sondage réalisé par téléphone du 1er au 5 septembre auprès de 1.006 personnes de 18 ans et plus.