Martine Aubry à gauche du programme socialiste

à Toulouse, Hélène Ménal

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Martine Aubry a fait salle comble hier dans la Ville rose.
Martine Aubry a fait salle comble hier dans la Ville rose. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

«Je suis prête à présider la République pour redresser notre pays. » A trente-deux jours des primaires socialistes, Martine Aubry est apparue détendue et combative, hier à Toulouse, où elle tenait son premier grand meeting de campagne. Distancée par François Hollande dans les sondages, la maire de Lille, en tailleur strict bleu marine, a voulu démontrer qu'elle a à la fois les épaules et les idées. Et qu'elle roule à gauche du programme du parti.
La première loi de sa présidence consistera à « rétablir l'égalité salariale entre les hommes et les femmes  . Elle envisage aussi de taxer les stock-options et les bonus ou encore d'« encadrer les rémunérations dans les entreprises où l'Etat a une participation », avec un écart maximum de « 1 à 20 » plutôt que de « 1 à 400 ». La maire de Lille prône le changement, y compris en bousculant les conservatismes de son propre camp puisqu'elle se prononce pour la fin du cumul des mandats. Elle souhaite enfin présider à contre-pied de Nicolas Sarkozy, en organisant « la sortie progressive du nucléaire », en ne nommant pas les responsables de l'audiovisuel public. Et elle préfère pour finir « écouter les citoyens plutôt que de mettre sur écoute les journalistes ».
Hier, dans la salle comble de 1 800 places assises, il y avait, en plus des militants acquis à la cause, des sympathisants qui, pour la première fois, vont pouvoir peser sur la désignation du candidat. Parmi eux, Nathalie et Manon*, respectivement chef d'entreprise et ex-libraire. « Déjà, c'est une femme. Et, en plus, elle a des idées très claires », déclare Nathalie. « Moi, j'aime sa discrétion. Elle ne déballe pas sa vie privée. Elle ne parle que politique. Mais, j'ai aussi été traumatisée par 2002. Alors, je voterai utile, pour le candidat le mieux placé », confesse Manon.