Le défi de l'emploi dans les maisons de retraite reste à relever

— 

Les maisons de retraite tournent en sous-effectifs. Aides-soignants, infirmières, animateurs ou cuisiniers : 400 000 postes sont à pourvoir d'ici à 2015, pour accompagner le vieillissement de la population. « Dans notre secteur, on ne connaît pas le chômage », plaisante la DRH d'un grand groupe d'établissements privés. En attendant, sur le terrain, les équipes travaillent à flux tendu. « Les aides-

soignantes doivent faire la plonge, le ménage. Nous étions quatre infirmières pour 84 résidents. On n'a plus le temps de s'occuper vraiment des résidents. C'est très déshumanisant », résume Amélie Carrez, infirmière en maison de retraite six ans avant de passer au libéral. Les nouveaux résidents arrivent de plus en plus vieux en maison de retraite, à 84 ans moyenne. « On est confronté à la mort, à la démence, à l'agressivité de certains résidents. C'est difficile à gérer », estime la psychologue d'un établissement près de Poitiers. Malgré ces conditions, les employés de maison de retraite sont souvent attachés à leurs métiers. C'est le signe qu'ils ont de quoi séduire.

« Pas assez de places dans les écoles »
Pour recruter et améliorer les conditions de travail, chacun a sa solution. Certains prônent le changement au sein même des établissements. « L'argent est parfois mal géré. Quand on installe des écrans plats dans les chambres des résidents, on dépense moins pour les soins. Ça contribue au malaise », juge Amélie Carrez. « On aide notre personnel à progresser en misant sur la formation interne », répond Céline Fabre, du groupe d'établissements DVD. Pour la plupart des métiers, un diplôme est en effet indispensable. « Mais les écoles d'aides-soignantes manquent tout simplement de places », regrette la DRH d'un groupement concurrent. On a des employés qui ont l'envie et les compétences, mais ils ne peuvent pas obtenir le diplôme. C'est cela qu'il faut changer en priorité. »gilles wallon