Le salariat, remède miracle ou simple pansement

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Premières consultations à La Ferté-Bernard (Sarthe), pour le médecin salarié de la commune. Aujourd'hui, les patients vont découvrir qui se cache derrière ce statut si particulier. Le médecin du nouveau centre de santé est en effet rémunéré directement par la municipalité. Les patients n'auront, quant à eux, qu'à payer le tiers payant. Une bonne nouvelle pour les 10 000 habitants de la ville et les 30 000 du bassin, inquiets à l'idée de voir partir à la retraite trois de leurs quatorze généralistes d'ici à juin prochain. « Sur les 1 500 médecins que nous avons approchés, aucun n'a voulu s'installer », explique le maire UMP Jean-Carles Grelier. D'où la création du centre de santé qui, à terme, devrait regrouper trois médecins et une secrétaire. Un investissement qui n'est pas à la portée de n'importe quelle municipalité, mais qui sera couvert par les consultations, selon le maire.

« 90 % des médecins nouvellement installés en libéral sont satisfaits »
L'exemple témoigne d'un problème plus profond : la médecine libérale est boudée par les jeunes diplômés. « Entre les locaux, la secrétaire, l'Urssaf, la caisse de retraite… Le volume de charges est important et la patientèle pas toujours suffisante pour les couvrir », souligne le Dr André Deseur, président de la section exercice professionnel du Conseil national de l'ordre des médecins. « Pourtant, 90 % des médecins nouvellement installés en libéral sont satisfaits », souligne le Dr Patrick Romestaing, président de la section santé publique et démographie médicale. Selon lui, la tendance actuelle au salariat est donc également due à une méconnaissance de la pratique libérale. Et aux appréhensions qui en découlent.L. S.

chiffres

La faible augmentation des entrants se confirme (+ 2,5 %), tout comme la hausse plus forte des sortants (+ 11,2 %). Malgré cela, le nombre de médecins en activité régulière, libérale ou salariée, est quasi stable (- 0,03 %). Mais le vieillissement des médecins (51,4 ans) s'accroît. Même s'il a grimpé cette année, le choix de l'exercice libéral reste très minoritaire, ne représentant que 9,4 % des nouveaux inscrits.