soigner les déserts médicaux

lucie soullier

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Zones rurales et banlieues tentent de sortir la tête du sable. Depuis longtemps, elles partagent le même combat contre les déserts médicaux. Une bataille loin d'être gagnée. En témoignent les chiffres au 1er janvier 2011 de l'Atlas de la démographie médicale réalisé par le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom). Dans presque un département sur deux, la densité de médecins est inférieure à la moyenne nationale. Et les écarts sont considérables. Bon dernier, l'Eure compte ainsi 101,2 généralistes pour 100 000 habitants, contre 226,9 à Paris. Même constat pour les spécialistes.

La coercition contre-productive
Pour contrer la désertification, la loi Bachelot avait, en 2009, tenté la méthode coercitive : l'obligation de consulter dans les déserts pour les médecins exerçant en zones « sur-denses », sous peine de pénalités financières. Mais la mesure a été supprimée cet été. Une satisfaction pour le Dr Patrick Romestaing, président de la section santé publique et démographie médicale du Cnom. « Il ne faut surtout pas aller sur ce chemin. Les jeunes médecins ont déjà des contraintes très fortes, forcer l'installation serait contre-productif. » De leur côté, les collectivités prennent des initiatives. Certaines font appel à des médecins étrangers. On en dénombre 2 000 en France et, en 2010, un quart des médecins nouvellement inscrits avait un diplôme non français. Un apport certain, mais pas la panacée puisqu'ils sont nombreux à s'installer dans des zones déjà denses. Sans compter ceux qui repartent au bout de quelques mois, souffrant de la solitude, des difficultés liées à la langue ou à la méconnaissance du système de santé. D'autres collectivités ont choisi de salarier des médecins (lire ci-dessous). Une option qui semble être une bonne solution à la désertification. Une oasis dans le désert médical.