Les candidats aux primaires socialistes l'ont déjà lâché

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La possible mise en examen de Jean-Noël Guérini pousse tous les candidats aux primaires à se démarquer de leur ancien allié. Martine Aubry en tête. Accusée par le clan Montebourg, qui mène depuis plus d'un an le combat contre Guérini, d'avoir été trop timorée à l'égard du responsable des Bouches-du-Rhône (« Elle met la poussière sous le tapis », selon un proche de Montebourg), l'ex-première secrétaire a lâché Guérini. « Il n'est pas un de mes soutiens (…). Si la justice tranche, je lui dirai – il le souhaitera de lui-même, je l'espère – qu'il se mette en congé du PS », a-t-elle déclaré sur Europe 1. Dans son entourage, on explique que c'est à l'équipe d'Harlem Désir de gérer cette affaire tout en « regrettant qu'une remise en ordre n'ait pas eu lieu avant ». Sous-entendu : avant 2008, quand François Hollande, qui a bénéficié pendant ses onze années à la tête du PS du soutien de la fédération des Bouches-du-Rhône, régnait sur Solférino. « Je n'accepterai pas qu'on puisse dire que sous ma responsabilité de premier secrétaire, il y avait des actes à prendre que nous n'aurions pas pris », a rectifié le candidat cité par lemonde.fr.

« Un boulet moral pour le PS »
Tout comme Manuel Valls, un temps allié de Guérini avant le congrès de Reims, Hollande a lui aussi demandé à Guérini de démissionner du conseil général et de s'éloigner du PS en cas de mise en examen.
Ségolène Royal, qui a bénéficié au congrès de Reims en 2008 du soutien de la fédération de Guérini, est sur la même ligne. En cas de complication judiciaire pour Jean-Noël Guérini, l'affaire poursuivra le candidat PS jusqu'à la présidentielle. L'élu marseillais a déjà annoncé qu'il ne démissionnerait pas s'il est mis en examen, contrairement à ce que souhaite l'actuel premier secrétaire par intérim, Harlem Désir, qui l'a qualifié de « boulet moral pour le PS ».Matthieu Goar