Rappel de produit à risques: Quel est le processus?

Olivia Vignaud

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Auchan a annoncé samedi dans un communiqué avoir décidé de rappeler des steaks hachés vendus le 30 mai et qui pourraient entraîner des gastro-entérites, via une contamination par le germe Escherichia coli.
Auchan a annoncé samedi dans un communiqué avoir décidé de rappeler des steaks hachés vendus le 30 mai et qui pourraient entraîner des gastro-entérites, via une contamination par le germe Escherichia coli. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Huit personnes ont été hospitalisées dans un état grave dans le Vaucluse et dans la Somme après avoir ingurgité de la tapenade. La préfecture du Vaucluse a pris un arrêté pour suspendre la production de l’entreprise responsable et a rappelé tous les produits susceptibles d’être contaminés par le botulisme.

Qui décide du retrait d’un produit du marché?

«C’est généralement le fruit d’une investigation. Quand quelqu’un se retrouve malade et qu’on soupçonne un produit, la police et les autorités sanitaires enquêtent. On va voir dans le réfrigérateur de la personne, on cherche dans son environnement, etc. Une fois la source identifiée, on prend les mesures nécessaires en fonction des risques», explique-t-on à la Direction générale de la santé (DGS). «Par exemple, pour le cas de la tapenade, la préfecture du Vaucluse a pris un arrêté à l'encontre de l'entreprise émettrice afin qu’elle suspende sa production et que les produits soient rappelés».

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Comment prévient-on les consommateurs?

Quand il s’agit d’un objet, comme d’une télévision, les distributeurs remontent facilement vers les clients grâce aux feuilles de renseignements qu’ils conservent. En revanche, le rappel se complique quand il s’agit de produits alimentaires. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) retrace les grands moyens utilisés: «Soit il s’agit des distributeurs et ils sont tenus de mettre des affiches dans leurs magasins, d’informer sur internet, de regarder leurs fiches clients établies grâce aux cartes de fidélité pour qu’un maximum de gens reçoivent l’information. Soit il s’agit du fabricant, et il a l’obligation de prévenir tous ses clients».

De leur côté, la DGCCRF et la DGS envoient des communiqués et vérifient l’efficacité des mesures prises par les magasins et les fabricants. «Notre rôle est de vérifier qu’ils ont mis en place toutes les bonnes solutions. Si ce n’est pas le cas, nous avons les moyens juridiques de les y contraindre», ajoute le premier.

Et si certaines personnes ne peuvent pas être touchées par ces moyens d’informations, comment fait-on?

Les moyens  de communication montrent leurs limites à ce stade. «Entre les touristes, les gens qui achètent pour offrir à quelqu’un… Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire, si ce n’est les mesures citées précédemment», regrette la DGCCRF.

Les victimes sont-elles remboursées et peuvent-elles être indemnisées?

Dans la quasi-totalité des cas, les clients sont remboursés. Pour ce qui est d’une procédure judiciaire, deux solutions s’offrent aux consommateurs. «De notre côté, on va appliquer les textes et entamer, si cela est nécessaire, une procédure pénale à l’encontre de celui qui a commis l’infraction. Les particuliers peuvent tout à fait se greffer sur l’accusation en tant que partie civile», commente la DGS. Et s’ils souhaitent être dédommagés? Ils doivent porter plainte au civil eux-mêmes, la DGS n’étant là que pour «défendre l’intérêt public et non pas privé».