L'enquête corse fait le lien avec le cancer de la thyroïde

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Le jour du passage du nuage de Tchernobyl, la Corse était dans le brouillard et sous la bruine. Aujourd'hui, elle commence à peine à y voir clair. « Avec cette météo, les pâturages ont été touchés par les retombées radioactives, assure le Dr Denis Fauconnier. Encore plus que s'il avait plu des cordes ! »
Vingt-cinq ans après l'explosion de la centrale, l'île de Beauté reste toujours un terrain fertile pour les études médicales. La dernière en date – menée par les Prs Mouthon et Bras – a été remise cet été au pôle Santé publique de Paris. Comparant les consultations médicales pour des problèmes thyroïdiens avant et après 1986, elle a conclu à une augmentation de 44 %.
A peine publiée, cette enquête est déjà contestée. « J'ai refait les calculs, confie ainsi Denis Fauconnier. Pour moi, les consultations ont crû de 117 % ! » Si les experts s'écharpent sur les chiffres, personne ne remet en cause la tendance générale. Même le ministère de la Santé reconnaissait en 2007 que les « cancers de la thyroïde, chez l'homme, se situent à un niveau trois fois supérieur en Corse par rapport aux autres départements étudiés ». Pour sortir du brouillard, l'Assemblée territoriale de Corse a décidé de financer, elle-même, une étude dès le mois prochain.V. V.