« En 1986, l'information était centralisée »

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Le 29 avril 1986, Pierre Pellerin était seul sur le plateau des journaux télévisés pour expliquer les conséquences de l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Vingt-cinq ans plus tard, deux ministres (Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson) se sont livrés au même genre d'exercice pour parler du drame de Fukushima (Japon). Changement d'époque. Changement de moyens de communication aussi. « En 1986, Internet n'existait pas, rappelle comme une évidence Jean-Marc Peres, de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Et puis, l'information était vraiment centralisée. »

« Nécessaire de communiquer »
A l'époque, Jean-Pierre Peres préparait d'ailleurs sa thèse de fin d'études. « Je faisais des relevés le long du Rhône. Je voyais bien que les taux étaient anormaux. Mais mes résultats n'ont jamais été communiqués par mon institut… » Quand la centrale de Fukushima a commencé à trembler, Jean-Pierre Peres assure n'avoir reçu aucune directive des autorités pour communiquer sur l'événement. « Mais bien évidemment, nous avons commencé à étudier les effets, confie-t-il. Et les résultats ont été transmis à tout le monde. Je pense qu'il était nécessaire de communiquer. Et l'Etat était très attentif à mettre l'information à la disposition de tous. »V. V.Lire aussi notre page Planète