Joseph Macé-Scaron de nouveau accusé de plagiat

MEDIAS Cette fois-ci, il serait question de ses articles de presse...

Charlotte Pudlowski

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Joseph Macé-Scaron, le 8 juin 2011n, ayant reçu le Prix de la Coupole 2011 pour son roman «Ticket d'entrée»
Joseph Macé-Scaron, le 8 juin 2011n, ayant reçu le Prix de la Coupole 2011 pour son roman «Ticket d'entrée» — DURAND FLORENCE/SIPA

Le journaliste et écrivain Joseph Macé-Scaron accumule les accusations: plagiat pour ses romans, et désormais pour ses articles. 20Minutes fait le point sur les soupçons pesant contre le directeur du Magazine Littéraire.

Qu’a-t-on reproché à Joseph Macé-Scaron?
En août dernier, alors que Joseph Macé-Scaron connaît une année à succès grâce à son roman Ticket d’Entrée, dans lequel il relate les tourments du monde de la presse et de ses habitants, il est accusé de plagiat. Des pans du livre sont tirés de celui de Bill Bryson, American rigolos - chroniques d’un grand pays. Quand une internaute s’en aperçoit, elle informe le site Acrimed, qui publie un article le 22, et l’information fuse.

Joseph Macé-Scaron a-t-il admis le plagiat?
Le jour où la découverte est rendue publique, l’écrivain et critique, interviewé par Arrêt sur Image, lance que «C'est une connerie». Et développe: «Je prends habituellement en note sur un cahier des éléments que je lis, qui me semblent intéressants ou drôles», explique-t-il. «A l'origine, je ne pensais pas me servir de ces extraits. (…) Je pensais les retravailler plus tard», assure-il. Ce qu'il a manifestement oublié de faire. «J'ai dit dans mon livre que je me suis inspiré de cet auteur, je l'ai d'ailleurs cité», précise-t-il.

Ses propos ont un peu évolué par la suite, jusqu’à mentionner des emprunts comme d’«intertextualité», procédé littéraire consistant à prendre des morceaux de passages d’autres auteurs pour leur faire écho, comme une grande toile tissée dans l’histoire littéraire, et souvent pour rendre hommage aux prêteurs involontaires.

Qu’en dit l’éditeur?
Pour Michel Carcassonne, éditeur de Macé-Scaron chez Grasset, et cité par Le Monde.fr, «il n'y a pas de plagiat. C'est une non-affaire

Pourquoi continue-t-on d’en parler?
L’affaire a connu des rebondissements. Après les emprunts décrits dans Ticket d’Entrée, L'Express rapporte des faits similaires pour le roman Trébizonde avant l'oubli,  pour lequel l’auteur aurait picoré chez Ernst Jünger (Premier Journal Parisien, 1941-1943). Le Monde épingle de son côté Le Cavalier de minuit, grâce à un numéro de 1999 du Canard enchaîné qui soulignait l’emprunt. Dans ce deuxième roman, c’est Victor Malka qui aurait été convoqué. Entre temps, deux autres auteurs, outre Bill Bryson, ont été découverts comme cités (mais sans les guillemets) dans Ticket d’Entrée: Jay McInerney et Rachel Cusk.

Désormais, ce sont les articles de presse de Macé-Scaron qui sont en cause. «L'Express peut aujourd'hui révéler que le Macé-Scaron romancier n'est pas le seul à pratiquer le plagiat: le Macé-Scaron journaliste s'y livre également avec assiduité», note l’hebdomadaire. Par un exemple, un article du 8 juillet 2006 dans Marianne, intitulé «Catulle, le Rimbaud de Vérone», dont des phrases sont absolument identiques à celles d’un article de Lire de 2004.

Mais d’autres articles sont également cités. Et dans un papier de Big Brother, blog du Monde.fr complétant les informations de l’Express, on peut lire: «Un ancien journaliste du Monde, Olivier Biffaud, assure avoir été également plagié par Macé-Scaron à la fin des années 1980’. En réponse à une lettre de protestation, Macé-Scaron lui aurait adressé une caisse de champagne».