Cas de botulisme: Les gérants de l'entreprise ont agi «par ignorance»

SANTE Le matériel de production «était inadapté pour la stérilisation»...

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Un pot de tapenade verte de la marque «Les délices de Marie-Claire».
Un pot de tapenade verte de la marque «Les délices de Marie-Claire». — DR

L'entreprise «La ruche» de Cavaillon (Vaucluse) qui produit la tapenade mise en cause dans huit cas graves de botulisme dans le Vaucluse et la Somme, ne s'était pas déclarée auprès des services vétérinaires, a indiqué ce mardi la préfecture.

Les gérants ont agi «par ignorance»

Très choqué, le couple d'artisans qui gère l'établissement, âgé d'une soixantaine d'années, a agi ainsi «par ignorance», a expliqué Martine Clavel, secrétaire générale de la préfecture de Vaucluse lors d'une conférence de presse.

Du fait de cette absence de déclaration, leur atelier de production installé en 2000 n'avait jamais fait l'objet d'inspections. Eux-mêmes n'effectuaient pas de contrôle et ils n'avaient pas non plus sollicité d'organisme technique.

«Le matériel utilisé est inadapté pour la stérilisation qui était faite avec une machine de type lessiveuse», a précisé Martine Clavel.

Le botulisme, un maladie rare

Huit cas graves de botulisme ont été détectés dans le Vaucluse et la Somme parmi les convives de deux repas ayant consommé de la tapenade artisanale d'olives vertes aux amandes, vendue sous la marque «Les délices de Marie-Claire», a annoncé lundi soir le ministère de l'Economie.

Le botulisme est une maladie rare mais pas exceptionnelle en France, puisqu'on en recense une vingtaine de cas dans le pays chaque année, et n'est pas contagieuse. Elle résulte généralement d'un défaut de stérilisation des conserves de fabrication professionnelle ou familiale.

Une alerte diffusée au niveau européen

D'après les informations fournies, le lot de tapenade concerné comporte une soixantaine de bocaux de fabrication artisanale commercialisés dans les épiceries des Bouches-du-Rhône, de la Drôme, du Var et du Vaucluse.

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes du ministère (DGGCCRF) demande à toute personne ayant acheté le produit de ne pas le consommer et de le rapporter, si possible, sur le lieu d'achat.

L'alerte a été diffusée au niveau européen, selon Martine Clavel. Les départements où sont distribués les produits concernés voient passer un grand nombre de touristes durant l'été.

Suspension de production, rappel des produits

L'entreprise est sous le coup d'un «arrêté préfectoral de suspension de son activité de production et de rappel de ses produits de conserve». «Il n'est pas question de prendre un risque supplémentaire, donc l'ensemble des conserves est retiré de la vente», a souligné la secrétaire générale de la préfecture.

L'état de santé des cinq personnes hospitalisées à Avignon est «stationnaire, il n'y a pas eu d'aggravation depuis 24 heures», selon Stéphane Bourgeois, chef de service du Samu et des urgences à l'hôpital d'Avignon. «Les patients sont âgés, donc leur état peut se compliquer», a-t-il ajouté.