Jacques Chirac sera jugé en son absence

EMPLOIS FICTIFS Le tribunal a pris acte du dossier médical de l'ancien président...

Vincent Vantighem

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Georges Kiejman, l'un des avocats de Jacques Chirac, lors de son arrivée au Palais de Justice de Paris, hier.
Georges Kiejman, l'un des avocats de Jacques Chirac, lors de son arrivée au Palais de Justice de Paris, hier. — T. CAMUS / AP / SIPA

Jacques Chirac ne mettra jamais les pieds dans un palais de justice. Dominique Pauthe, le président du tribunal chargé de juger l'affaire des emplois présumés fictifs de la Mairie de Paris, aura tout de même pris une heure pour arriver à cette conclusion. 1Vers 9h, il a dispensé Jacques Chirac de se rendre physiquement au procès. «Le tribunal prend acte du dossier médical qu'il a reçu. Dans ces conditions, Jacques Chirac sera représenté par ses avocats et jugé en son absence.»

Une démarche pénible car publique

Près de vingt ans après les faits reprochés, le premier procès d'un ancien président de la Ve République a donc fait «pschitt». La faute au trouble neurologique dont Jacques Chirac a reconnu souffrir, ce week-end. «Entre 2007 et 2011, sa situation ne s'est pas améliorée. Il aura bientôt 79 ans. Il est souffrant», a confirmé Jean Veil, son avocat. A cette évocation: silence dans le prétoire. Un seul être manque au tribunal et tout est dépeuplé. Même sa voix métallique n'a pas résonné. Seule la lettre qu'il a fait parvenir a permis à l'auditoire de saisir son désarroi. «Cette démarche m'est pénible car publique, avoue dans ce courrier l'ancien chef d'Etat. Je crois ce procès utile à notre démocratie. Mais (…) je ne pense pouvoir apporter au tribunal mon concours.»

Après un scanner le 9 avril et un examen neurologique passé à la Pitié-Salpêtrière le 23 juin, les médecins, eux, en sont convaincus. Jacques Chirac souffre de «troubles sévères de la mémoire» et commet «d'importantes erreurs de jugement et de raisonnement», selon le rapport remis par ses avocats.

A l'audience, personne n'a voulu contester l'usure que seul le temps peut infliger à un homme. «Nous ne voulons pas d'un procès de l'humiliation», a admis à la barre Jérôme Karsenti, avocat de l'association Anticor, partie civile dans ce procès.

Alain Juppé ne viendra pas au tribunal

Cité comme témoin en tant qu'ex-président du RPR, le ministre des Affaires étrangères a fait savoir qu'il ne viendrait pas. «J'ai déjà été entendu dans cette affaire. Je n'ai rien d'autre à ajouter», a-t-il écrit au président Pauthe qui peut, toutefois, toujours le contraindre à venir déposer à la barre.