Une particulière attaque SFR pour une erreur de numéro

JUSTICE L'opérateur téléphonique avait attribué son numéro à quelqu'un d'autre. La plaignante réclame 200.000 euros de dommages et intérêts...

Vincent Vantighem

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La devanture d'un magasin SFR.
La devanture d'un magasin SFR. — DURAND FLORENCE/SIPA

Samia* n’est pas prête à se laisser faire. A 46 ans, cette maman qui élève seule ses trois enfants a décidé d’attaquer SFR en justice pour «violation de vie privée». Une première audience est prévue, jeudi 1er septembre à 14h au tribunal de commerce de Châlons-en-Champagne (Marne).

«Je n’avais même plus accès à mon répertoire»

Pour cette téléopératrice, tout commence en décembre dernier. Quelques jours avant Noël, elle décide de changer d’opérateur. Abonnée chez Orange, elle choisit de passer chez SFR. Mais elle demande à pouvoir conserver son numéro, un service désormais classique dans la téléphonie mobile.

Après quelques jours de battement, Samia se voit finalement attribuer un numéro temporaire. Et puis au bout d’une semaine, «Plus rien. Je ne recevais plus d’appels, plus de SMS, plus de mails, raconte-t-elle. Je n’avais même plus accès à mon répertoire.»

Un boulot qui reste en suspens sur son répondeur

En se renseignant, la quadragénaire comprend vite que son numéro a été attribué à un autre client de chez SFR. «Il pouvait lire tous mes messages, toutes mes informations. C’est tout de même de ma vie privée qu’il s’agit.»

Mais ce n’est pas le plus grave. Après un mois et demi de galère, Samia retrouve enfin son numéro. En écoutant ses messages, elle comprend vite qu’elle a manqué un appel très important. «Je sortais d’une mission d’intérim. Mon agence m’avait rappelé pour me proposer un contrat d’un an qui pouvait ensuite déboucher sur un CDI. Comme je n’ai pas donné de nouvelles, l’agence a choisi quelqu’un d’autre…»

Deux mois d’abonnement gratuit

En colère, Samia décide alors de demander réparation à SFR. En guise de réponse, l’opérateur lui propose deux mois d’abonnement gratuit. «Ca n’a fait qu’amplifier ma colère, poursuit-elle. C’est à ce moment là que j’ai décidé de prendre un avocat.» Aujourd’hui, Samia réclame 200.000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

 

*Le prénom a été modifiié.